Volaille

DruckversionPDF version
Poules d'engraissage

La volaille fait partie des plus anciens animaux de rente exploités par les hommes. Les découvertes de plusieurs vestiges attestent l’élevage de volaille domestique, par exemple en Asie, déjà 5000 ans av. J.C. Dans le monde entier, la consommation de volaille et d’œufs est appréciée. Comme c’est le cas pour le bovin et le cochon, la grande demande de volaille a mené à un élevage intensif de masse et non respectueux des besoins de l’espèce. Les Etats-Unis, la Chine et le Brésil sont les plus grands producteurs de volaille, dont la poule occupe la place la plus importante. Mais aussi toutes les autres espèces de volaille telles que la dinde, le canard, l’oie, le pigeon, la caille, la pintade, l’autruche ainsi que la volaille sauvage sont consommées dans le monde entier.

Poules

L’ancêtre de la poule, c’est la poule Bankiva. Comme ses ancêtres sauvages, elle fait partie de la famille des oiseaux qui édifient leur nid au sol. Depuis 700 av. J.C. l’élevage de poules domestiques est répandu dans l’Europe entière. Seul à partir du Moyen Âge on a commencé à élever des poules pour la consommation d’œufs et de viande. Les poules préfèrent vivre dans de petites bandes sous la gestion d’un coq. Une poule pondeuse couve pendant 21 jours. Les petits poussins sont nidifuges, ce qui signifie que dès le premier jour de leur vie, ils cherchent leur nourriture eux-mêmes. Parmi les poules il y a une hiérarchie alternante, et elles font aussi des amitiés. La poule est un animal particulièrement sociable, elle aime se reposer avec les autres, et elle cherche également la proximité de l’homme. La poule réalise lorsqu’une de ses congénères est mal traitée, ce qui peut causer l’excitation de la bande entière.

Poules d’engraissage

Au moment de leur éclosion de l’œuf, les poules d’engraissage pèsent environ 42 g. Elles engraissent vite suite à la nourriture conçue spécialement pour un engraissage rapide, visant un haut engraissement journalier. De fait, il n’est pas rare que leurs pattes subissent des fractures dues à leur poids corporel, ce qui les contraint à mener une existence pleine de souffrance. Les animaux sont élevés dans d’énormes halls (comportant jusqu’à 27'000 poules en Suisse et jusqu’à 100'000 poules à l’étranger). Leur système immunitaire est affaibli par le stress psychique. Il n’est guère étonnant que cela élève de manière significative la disponibilité à différentes maladies, comme par exemple la grippe aviaire. Cela entraîne l’emploi massif de pesticides et d’antibiotiques afin d’éviter, dans la mesure du possible, une contamination de l’homme. Pour pouvoir fournir de la volaille très bon marché, l’abattage des animaux est entièrement rationnalisé. À l’heure actuelle, l’abattage ne doit coûter plus d'un franc par animal !

Poules pondeuses

Autrefois, les ancêtres des poules actuelles pondaient environ 12 à 20 œufs par an ; les poules pondeuses élevées à une haute rentabilité arrivent à une ponte d’environ 300 œufs par an. Des entreprises d’élevage produisent des millions de poules pondeuses. Or la moitié des poussins étant mâles et ne pondant pas d’œufs, on les tue directement après leur éclosion (leur élevage ne serait pas rentable). Ils sont écrasés à vif dans des hachoirs, noyés, asphyxiés ou gazés, pour finir comme farine animale destinée au fourrage pour animaux ou comme engrais.

Afin d’économiser de la nourriture, on veille à ce que les poules pondeuses gardent un poids minime. Pour augmenter le rendement de la ponte, on expose les poules souvent pendant 17 heures par jour à la lumière artificielle. Un comportement dérangé est la conséquence de cette forme d’élevage. Lorsqu’on élève trop d’animaux dans un espace étroit, il arrive souvent que les animaux se piquent mutuellement. Pour éviter cela, on coupe ou on brûle les becs supérieurs des poussins. Doté de nombreuses voies nerveuses comme nos bouts des doigts, le bec des poules est particulièrement sensible. Les animaux ont des douleurs même des mois après cette « amputation ».

La constitution de la coquille d’œuf nécessite du calcium tiré des os. A part la restriction de mouvements, cette perte de calcium par la production d’œufs excessive est une des causes de maladies partiellement mortelles telles que l’ostéoporose ou le syndrome de la cirrhose graisseuse. En outre, le fait de ne pas pouvoir se retirer pendant la ponte des œufs signifie un grand stress pour les poules : cette privation représente une des tortures inimaginables de l’élevage intensif de poules.
De fait, et aussi par les parasites se multipliant rapidement dans les élevages en masse, grand nombre de poules meurent même avant leur abattage.

L’élevage en batterie est interdit en Suisse, et devrait être aboli dans quelques années également dans l’Union Européenne. Cependant, la majorité des œufs consommés proviennent, jusqu’à l’heure actuelle, de poules contraintes à être entassées sans jamais voir la lumière du jour. Pour ce qui est de l’élevage au sol, celui-ci reste permis malgré le fait d’être très loin de l’image respectueuse des besoins des poules telle que la publicité continue de la transmettre.

Canards et oies

Les ancêtres de notre canard domestique, c’étaient les canards sauvages, ceux de l’oie domestique, les oies sauvages. Les canards et les oies sont des oiseaux palmipèdes. Ils adorent l’eau qui leur est indispensable pour se sentir à l’aise. Ils ont l’habitude de prendre leur bain et de se nettoyer en groupe pour ensuite se reposer les uns à côté des autres. Ils développent également des préférences individuelles pour certains de leurs congénères. Ils adorent partir à la recherche d’escargots ou de vers dans l’eau ou dans les prés. Le temps de la couvaison est de 25 à 28 jours. Les petits poussins nidifuges sachant nager tout de suite, ils accompagnent leurs mères à la recherche de nourriture. Les canards aussi bien que les oies prennent bien soin de leurs poussins. Ils peuvent atteindre un bel âge. Par contre, dans l’élevage industriel, les mêmes animaux n’atteignent même pas l’âge d’un an s’ils sont destinés à la production de viande. Pendant leur élevage dans des cages ou en groupe ils doivent subir des souffrances inimaginables (p.ex. par l’engraissage excessif ou le plumage à vif). De même que les poules, les canards et les oies sont eux aussi très inquiets lorsqu’un animal de leur groupe subit un mal.