Biodiversité

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Qu’entend-on par biodiversité ? En quoi concerne-t-elle le végéta*isme ?

En deux mots, la biodiversité est l’expression de la variété de la vie. Elle implique notre obligation de préserver notre écosystème ainsi que l’ensemble des formes vivantes et des patrimoines génétiques de la planète. A cet égard, le végétarisme apparaît comme le mode de vie le mieux à même de préserver la nature.

Quand meurent les microorganismes

L’élevage produit d’énormes quantités d’engrais que l’on épand sur les champs. L’usage régulier de matières fécales pour la fertilisation des sols augmente leur teneur en azote et finit à terme par tuer les microorganismes, rendant ainsi la terre stérile. De même, le recours par l’agriculture à une palette toujours plus vaste de poisons (herbicides, pesticides, fongicides) cause la disparition définitive de nombreuses espèces, touchant autant la faune que la flore. Selon certains experts, on déplore chaque année l’extinction de 35 000 espèces.1

La mer en péril

Depuis dix ans, le poisson est l’objet de toutes les convoitises de la part de l’industrie alimentaire. La consommation mondiale a explosé. Depuis 1950, elle a été multipliée par six. En Suisse, elle a augmenté de 15 pour cent entre 2001 et 20052. Les conséquences d’un tel pillage se font sentir à la fois sur les populations de poisson et sur l’écosystème. Depuis l’avènement de la pêche industrielle, les populations de prédateurs tels que la morue ou le thon ont régressé de 90 pour cent, ce qui laisse le champ libre aux méduses, par exemple, pour se multiplier et mettre en péril l’équilibre écologique des mers.
En pisciculture également, l’extension de l’élevage pose problème et constitue une menace pour la diversité des espèces marines. En effet, certains individus parviennent à s’échapper des fermes aquatiques, dont certaines comptent plusieurs millions d’individus. Une fois en liberté, ils s’accouplent avec des congénères sauvages. A force, le patrimoine génétique sauvage est appelé à disparaître, colonisé par les poissons issus d’élevages, d’une part, et décimé par la surpêche, d’autre part.

Le patrimoine génétique s’appauvrit

La menace latente qui pèse sur les poissons s’est concrétisée depuis longtemps chez les animaux d’élevage. En effet, pour des raisons économiques, les éleveurs privilégient les races qui rapportent le plus au détriment des races sauvages. Ce rejet intentionnel des espèces sauvages se traduit inévitablement par une diminution de leur diversité.

La destruction des forêts tropicales qui, selon certaines estimations, abritent 80% des espèces vivantes (plantes et animaux confondus) de la planète, ne fait qu‘aggraver ce phénomène.
«Les bovins se gavent littéralement de la forêt originelle», affirme Tobias Riedl, expert en matière de forêts pour le compte de Greenpeace. «Il faut immédiatement mettre un terme à cette folie pour éviter des conséquences catastrophiques à l’échelle mondiale sur le climat et la biodiversité.».

Abeilles en danger

Il a fallu que la mort des abeilles fasse la une des journaux pour que le public se rende compte à quel point ces petites ouvrières sont utiles. Le recul massif des populations d’abeilles démontre de manière exemplaire quelles sont les répercussions d’une diminution de la diversité des espèces chez ces insectes. Comme pour tout type d’élevage, l’apiculture a concentré ses efforts sur la sélection d’une vingtaine de sous-espèces les plus rentables. Or, l’abeille la plus productive et génétiquement homogène des apiculteurs est désormais en concurrence avec les insectes sauvages qui n’offrent à priori aucune plus-value à l’homme mais s’occupent principalement de la pollinisation. 
Le résultat de la colonisation par l’abeille domestique se fait sentir depuis quelque temps déjà: comme le patrimoine génétique des abeilles s’appauvrit avec la disparition de certaines espèces, les maladies se multiplient et prennent la forme d’épidémies généralisées dont les victimes sont des abeilles de moins en moins résistantes.

Génétique

La sélection d’espèces animales selon des critères de rentabilité pure est directement responsable de la disparition des espèces sauvages. La génétique y contribue largement en rendant certaines plantes plus résistantes que les espèces naturelles aux poisons commercialisés par les entreprises qui les fabriquent. C’est le cas notamment pour des plantes fourragères comme le riz et le soja, principales cibles des manipulations génétiques: les plantes issues de la technologie génétique évincent peu à peu les espèces endémiques, à l’origine mieux adaptées à l’environnement local, parce qu’elles sont incompatibles avec les produits chimiques préconisés par leurs fabricants. A défaut d’avoir le choix, les paysans dépendent des semences artificielles. Ainsi se crée un écosystème basé uniquement sur la monoculture.

Les animaux domestiques issus de sélections rigoureuses entrent en concurrence avec les autres espèces animales en colonisant leur espace vital et en épuisant les réserves de nourriture.

Que serait la protection des espèces sans la protection des animaux

L’année 2010 ayant été placée sous le signe de la biodiversité, c’est l’occasion d’attirer l’attention du public sur le fait que la diversité des espèces vivantes ne saurait être préservée en tuant des animaux. Néanmoins, il semble difficile de trouver un objet unique à défendre dans cette lutte. La distinction entre les organisations de protection des animaux et les organisations de protection des espèces persiste. Alors que les secondes se préoccupent de la sauvegarde des espèces menacées, les premières veillent au bien-être des animaux domestiques en premier lieu. Les animaux d’élevage, quant à eux, ne font l’objet d’aucune protection ou presque puisqu’ils sont essentiellement destinés à l’exploitation. La simple existence de ces différentes catégories prouve que la société a clairement défini quelles formes de vie sont, à son avis, dignes d’être protégées et choyées.

Les végétariens, quant à eux, ont acquis la certitude que la compassion vis-à-vis d’autres formes de vie ne doit en aucun cas se limiter à certaines espèces au détriment des autres. L’homme doit se montrer respectueux et responsable à l’égard de tous les animaux. Dans cette optique, le végétarisme constitue un pilier pour la défense de la biodiversité en s’opposant à l’exploitation des animaux et en condamnant le gaspillage de la diversité biologique. Par leur prise de conscience et leur choix, les végétariens apportent une contribution fondamentale à la préservation de la vie et de l’environnement.

 

 

Notes de bas de page:

1 Der Fischer Weltalmanach 2010, Seite 741
2 Das Magazin des Tages-Anzeigers, 10. Febr. 2007, www.dasmagazin.ch/fisch-fur-alle

+ d'infos:

Organisationenporträts: Was Tier-, Umwelt- und Artenschutzorganisationen wirklich für den Vegetarismus tun.