Vivian's blog https://www.swissveg.ch/fr?language=fr fr Proviande-Studie zeigt: Idealisiertes Bild von Schweizer Tierhaltung weit verbreitet https://www.swissveg.ch/de/proviande-studie-tierwohl?language=fr <span>Selon une enquête de Proviande, l&#039;opinion publique a une image idéalisée de l&#039;élevage en Suisse</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2661?language=fr" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Vivian</span></span> <span>10. juillet 2023 - 12:17</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Proviande a récemment publié les résultats d'une enquête<sup>1,2</sup> qu'elle a menée sur l’image de l'organisation ainsi que sur les connaissances actuelles de la population suisse au sujet de la production de viande. Celle-ci démontre avant tout une chose&nbsp;: la majorité des consommateur-ice-s de viande continue d'avoir une image embellie de la production de viande (indigène).</p> <p>Des prairies verdoyantes, des étables spacieuses, des vaches qui paissent tranquillement&nbsp;: la publicité pour les aliments d'origine animale, viande et lait en tête, véhicule une image idyllique de l'élevage. Force est de constater, malheureusement, que cette stratégie paie. C'est ce que démontre la récente étude d'image menée par Proviande, l'interprofession de la filière viande en Suisse. Selon cette étude, la majorité des consommateur-ice-s de viande (à l'exclusion des personnes végétariennes ainsi que des professionnels de la filière, de la nutrition ou du marketing tout comme des journalistes) attachent de l'importance au respect des besoins et aux sorties en plein air dans le cadre de l'élevage. Bien qu'elles ignorent pratiquement tout des méthodes de production des filières de la viande et du lait, les personnes interrogées semblent avoir une grande confiance dans la viande suisse. Comment expliquer ces contradictions ? Nous avons examiné les conclusions du sondage accessibles au public et en avons vérifié les affirmations, notamment celles qui concernent le respect des animaux. Proviande n'a pas souhaité nous fournir des informations plus approfondies malgré notre insistance.</p> <h3>L'une des lois sur la protection des animaux les plus sévères au monde, vraiment ?</h3> <p>Dans sa communication autour des résultats de l'enquête, Proviande fait la part belle au respect des besoins des animaux d'élevage. Les consommateurs-ice-s attachent de l'importance au respect des besoins de l'espèce dans le cadre de l'élevage. Cela va du traitement correct des animaux à la possibilité de sortir en plein air en passant par le refus de l'élevage industriel. D'après Proviande, l'élevage en Suisse est «&nbsp;perçu, de façon générale, comme respectueux des besoins de l'espèce&nbsp;». C'est précisément la raison pour laquelle la filière de la viande a beaucoup misé sur «&nbsp;l'information et la communication factuelle&nbsp;», ce d'autant plus que la Suisse disposerait de «&nbsp;l'une des lois sur la protection des animaux les plus sévères au monde&nbsp;». Proviande estime par ailleurs que ce constat devrait faire l'objet d'une communication plus large. L'élevage est-il donc vraiment si respectueux des animaux en Suisse ?</p> <p>Rappelons à ce propos que la loi sur la protection des animaux réglemente l'usage que l'on fait des animaux. D'après une étude réalisée pour le compte d'Agrofutura (p.&nbsp;83)<sup>3</sup>, la législation définit donc ce qui peut «&nbsp;encore être considéré comme acceptable&nbsp;», l'élément décisif étant la rentabilité pour les humains. De ce fait, la loi autorise un certain nombre de pratiques clairement irrespectueuses de l'animal, par exemple de détenir des cochons sans jamais les laisser sortir à l'air libre, de couper la queue des agneaux et de tuer les poussins mâles dès l'éclosion. Les conditions de détention ne peuvent pas être considérées comme plus respectueuses en Suisse juste parce qu'elles sont probablement pires dans les autres pays. S'ajoutent à cela des défaillances dans le contrôle et la sanction en cas de non-respect des prescriptions légales. Sans un système de contrôle rigoureux, n'importe quelle loi sur la protection des animaux, même la plus sévère au monde, est inutile.</p> <h3>La crise de l'industrie porcine pointe de graves manquements</h3> <p>La <a href="https://www.swissveg.ch/surproduction-viande-de-porc?language=fr">« crise de l'industrie porcine »</a> de l'année dernière a mis en lumière de façon exemplaire un certain nombre de manquements dans les élevages suisses. Ainsi, les éleveurs ont décuplé leur production pour répondre à une augmentation de la demande en viande de porc suisse, elle-même due à l'arrêt du tourisme d'achat en zone frontalière au début de la pandémie de coronavirus. Lorsque la demande à drastiquement reculé peu de temps après, ils n'ont pas réagi, entraînant une surpopulation dans les étables. Dans des conditions normales, dix <a href="https://www.swissveg.ch/cochons?language=fr">cochons</a> peuvent être élevés sur une surface «&nbsp;de la taille d'une place de stationnement pour voiture&nbsp;». Or, l'an passé, avec le prolongement de la période d'engraissement, les porcs, non seulement plus nombreux, devenaient aussi plus gros. Conséquences&nbsp;: un liberté de mouvement quasi nulle, un stress accru et une hygiène toujours plus mauvaise. Face à des prescriptions légales de protection des animaux qui ne pouvaient plus être respectées, même les services vétérinaires ont tiré la sonnette d'alarme. C'est ce que confirment, selon saldo, des photos de l'organisation de protection des animaux Tier im Fokus, qui montrent des porcs que le président Tobias Sennhauser décrit comme «&nbsp;entassés dans un espace exigu&nbsp;». Malgré cela, presque aucune procédure légale n'a été engagée.<sup>4,5</sup></p> <h3>Ignorance des réalités de l'élevage</h3> <p>Les animaux sont élevés dans de mauvaises conditions, et ce pas seulement en temps de crise. Le manque de place, de possibilité de sortie à l'air libre et d'occupation chronique est la règle plutôt que l'exception. En voici quelques exemples&nbsp;: en Suisse il est possible de détenir jusqu'à 17&nbsp;poules pondeuses au mètre carré, la moitié des porcs ne sortent jamais à l'air libre et seuls 12% des animaux de rente foulent l'herbe d'un pré durant leur vie.<sup>6,7</sup> La majorité des consommatrices et des consommateurs sont choqués lorsqu'ils apprennent ces chiffres en contradiction totale avec l'image qu'ils se font de l'élevage dans notre pays.</p> <p>Le sondage de Proviande confirme que le public en sait très peu sur les conditions d'élevage industrielles. Ainsi, moins de la moitié des personnes interrogées savent qu’une vache doit avoir un veau pour donner du <a href="https://www.swissveg.ch/mythes_lait?language=fr">lait</a>. On en déduit aisément que les gens ne réalisent pas quels efforts énormes la <a href="https://www.swissveg.ch/fete-des-meres?language=fr">production de lait</a> impose aux vaches&nbsp;: pour assurer une production continue, elles font régulièrement l'objet d'une insémination artificielle et sont donc portantes une grande partie de leur vie. Elle sont séparées de leur petit dès la mise bas. Les veaux mâles sont, pour leur part, destinés à l'abattoir dans des délais très brefs. En effet, comme le précise Proviande, l'industrie du lait et de la viande sont «&nbsp;étroitement liées&nbsp;».<sup>8</sup> La vie d'un animal dit de rente en Suisse n'a rien d'idyllique, contrairement à l'image que véhicule la publicité.</p> <h3>De la viande et du lait garantis sans antibiotiques ?</h3> <p>Selon l'étude de Proviande, près d'une personne sur deux pense que l'usage d'antibiotiques est très peu répandu dans les élevages de Suisse. À ce titre, le public a, aux dires mêmes de Proviande, «&nbsp;besoin de plus d'informations&nbsp;». Si l'utilisation d'antibiotiques à des fins d'augmentation de la performance est interdite en Suisse depuis 20&nbsp;ans, l’utilisation d’antibiotiques chez les animaux de rente est tout sauf «&nbsp;très peu répandu&nbsp;». Au contraire, des antibiotiques sont administrés régulièrement et de plus en plus souvent dans le cadre de la production de lait et de viande. En 2021, on a ainsi recensé 21&nbsp;millions de traitements aux antibiotiques, une augmentation de plus de 20&nbsp;% par rapport à l'année précédente. En chiffres absolus, la <a href="https://www.swissveg.ch/gefluegel">volaille</a> comptabilise le nombre de traitements le plus élevé. Reporté au cheptel total, les vaches laitières comptent 720&nbsp;traitements pour 1000&nbsp;individus.<sup>9</sup> En réalité, des études ont montré que les les agriculteur-ice-s suisses sont plus enclin-e-s à traiter le pis de leurs vaches laitières aux antibiotiques que leurs consœurs et confrères ailleurs en Europe, et ce depuis des années.<sup>10</sup> Une vache suisse reçoit en moyenne un traitement antibiotique par année pour son pis. C'est trois fois plus qu'en Autriche, dix-huit fois plus qu'au Danemark et carrément nonante fois plus qu'en Norvège.<sup>11</sup> La raison&nbsp;: les performances exigées de la part de nos vaches sont telles qu'elles sont totalement surmenées et partant, davantage sujettes aux infections. Les antibiotiques sont donc souvent administrés à titre prophylactique. Il arrive dès lors que le lait soit également contaminé et ne puisse être vendu parce que la teneur en antibiotiques dépasse les normes légales admises de 60&nbsp;μg par litre.<sup>12</sup> Chaque année, environ 80&nbsp;millions de litres de lait sont ainsi impropres à la consommation, ce qui correspond à la consommation annuelle de 1,5 million de personnes en Suisse. Ce lait est alors souvent donné aux veaux ou versé dans les engrais, ce qui favorise la formation de germes résistants aux antibiotiques, qui pénètrent à leur tour dans l'organisme humain via les légumes ou les salades et peuvent entraîner de graves problèmes de santé chez les humains.</p> <p>En période d'engraissement, les veaux se voient aussi souvent administrer préventivement une cure d'antibiotiques. De fait, comme il est quasiment impossible de repérer les individus malades dans un groupe de plus d'une centaine de bêtes détenues dans un espace très exigu et que la proximité renforce le risque de contagion, les éleveurs traitent tout le troupeau. Outre le fait qu'elles multiplient le risque de voir émerger des souches résistantes aux antibiotiques pour les traitements en médecine humaine, ces pratiques prouvent également que ces conditions de détention ne respectent aucunement les besoins des animaux. Un mode d'élevage qui dépend de l'usage permanent d'antibiotiques ne saurait être considéré comme approprié.</p> <h3>Dépasser les images d'Épinal</h3> <p>L'étude d'image de Proviande met une fois de plus en évidence qu'elle, au même titre que d'autres organisations comme Swissmilk, véhicule une image d'Épinal de l'élevage tel qu'il est pratiqué en Suisse. Contrairement au message que Proviande s'efforce de faire passer, nos méthodes d'élevage ne peuvent pas être qualifiées de respectueuses des animaux et entraînent de nombreuses dérives telles que l'utilisation routinière d'antibiotiques et la crise de l'industrie porcine. Les consommateur-ice-s ne le réalisent toutefois souvent pas. Il est impératif de faire évoluer les choses pour permettre aux gens de prendre des décisions d'achat en connaissance de cause et de donner suite à leurs convictions.</p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1 Proviande, <a href="https://www.proviande.ch/fr/une-nouvelle-etude-montre-72-des-consommatrices-et-consommateurs-ont-une-tres-grande-confiance-dans" rel=" noopener" target="_blank">Une nouvelle étude montre: 72% des consommatrices et consommateurs ont une très grande confiance dans la viande suisse.</a> 2 mars 2023.</p> <p>2 Proviande,&nbsp;<a href="https://www.proviande.ch/sites/proviande/files/2023-03/230302_Auszug%20Imagestudie_d_2.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Auszug: Bericht zur quantitativen Befragung zu Image und Wissen der Schweizer Fleischkonsumentinnen und<br /> -konsumenten bezüglich Fleisch.</a>&nbsp;(en allemand)</p> <p>3 Agrofutura, 2013. Umwelt- und Tierschutz in der Landwirtschaft: <a href="https://www.agrofutura.ch/files/user_upload/Berichte/2013_Schlussbericht_Umwelt-_und_Tierschutz_in_der_Landwirtschaft.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Ein Vergleich der Schweiz mit ausgewählten europäischen Ländern unter besonderer Berücksichtigung des Vollzugs.</a>&nbsp;(en allemand)</p> <p>4&nbsp;RTS, <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/13736833-la-suisse-compte-trop-de-cochons-les-veterinaires-sinquietent.html" rel=" noopener" target="_blank">La Suisse compte trop de cochons, les vétérinaires s'inquiètent</a>, 9 février 2023</p> <p>5&nbsp;Mennig, D. &amp; Cetojevic D., Saldo.&nbsp;<a href="https://www.saldo.ch/artikel/artikeldetail/industrie-verramscht-schweinefleisch-ins-ausland-auf-kosten-der-steuerzahler" rel=" noopener" target="_blank">Industrie verramscht Schweinefleisch ins Ausland&nbsp;– auf Kosten der Steuerzahler</a>. 21 janvier 2023. (en allemand)</p> <p>6 Quatre pattes, <a href="https://www.quatre-pattes.ch/campagnes-themes/themes/animaux-rente/initiative-contre-lelevage-intensif" rel=" noopener" target="_blank">Initiative contre l'élevage intensif en Suisse</a>, 15 août 2022</p> <p>7 Quatre pattes, <a href="https://www.quatre-pattes.ch/campagnes-themes/animaux/poules/modes-d-elevage-poules-en-suisse" rel=" noopener" target="_blank">Modes d'élevage des poules en Suisse</a>, 22 mars 2023</p> <p>8 Quatre pattes, <a href="https://www.quatre-pattes.ch/campagnes-themes/themes/nutrition/une-histoire-de-lien" rel=" noopener" target="_blank">Une histoire de lien</a></p> <p>9 Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), <a href="https://www.blv.admin.ch/blv/fr/home/tiere/tierarzneimittel/antibiotika.html" rel=" noopener" target="_blank">Antibiotiques</a>, Confédération helvétique.</p> <p>10 Demuth, Yves,&nbsp;<a href="https://www.beobachter.ch/umwelt/kuhmilch-schweizer-bauern-spritzen-rekordmassig-antibiotika">Schweizer Bauern spritzen rekordmässige Antibiotika,</a>&nbsp;Beobachter, 25 octobre 2018. (en allemand)</p> <p>11 Mennig, D. &amp; Mistric, V.&nbsp;<a href="https://www.ktipp.ch/artikel/artikeldetail/antibiotikaspritzen-im-kuhstall-80-millionen-liter-milch-pro-jahr-unbrauchbar/">Antibiotikaspritzen im Kuhstall: 80 Millionen Liter Milch pro Jahr unbrauchbar</a>, Ktipp, 19 avril 2022. (en allemand)</p> <p>12 Département fédéral de l'intérieur (DFI) et OSAV, <a href="https://www.blv.admin.ch/dam/blv/fr/dokumente/lebensmittel-und-ernaehrung/lebensmittelsicherheit/information-umgang-positiven-befunden-milchpruefung.docx.download.docx/information-resultats-positifs.docx" rel=" noopener" target="_blank">Information sur la manière de réagir à des résultats d’analyse positifs au contrôle officiel du lait consécutifs à l’administration d’antibiotiques, notamment de Mastiplan</a>, 1<sup>er</sup> janvier 2016</p> </div></div> Wed, 05 Jul 2023 08:52:00 +0000 Vivian 4005 at https://www.swissveg.ch Proviande-Studie zeigt: Idealisiertes Bild von Schweizer Tierhaltung weit verbreitet https://www.swissveg.ch/de/proviande-studie-tierwohl?language=fr <span>Selon une enquête de Proviande, l&#039;opinion publique a une image idéalisée de l&#039;élevage en Suisse</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2661?language=fr" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Vivian</span></span> <span>10. juillet 2023 - 12:17</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Proviande a récemment publié les résultats d'une enquête<sup>1,2</sup> qu'elle a menée sur l’image de l'organisation ainsi que sur les connaissances actuelles de la population suisse au sujet de la production de viande. Celle-ci démontre avant tout une chose&nbsp;: la majorité des consommateur-ice-s de viande continue d'avoir une image embellie de la production de viande (indigène).</p> <p>Des prairies verdoyantes, des étables spacieuses, des vaches qui paissent tranquillement&nbsp;: la publicité pour les aliments d'origine animale, viande et lait en tête, véhicule une image idyllique de l'élevage. Force est de constater, malheureusement, que cette stratégie paie. C'est ce que démontre la récente étude d'image menée par Proviande, l'interprofession de la filière viande en Suisse. Selon cette étude, la majorité des consommateur-ice-s de viande (à l'exclusion des personnes végétariennes ainsi que des professionnels de la filière, de la nutrition ou du marketing tout comme des journalistes) attachent de l'importance au respect des besoins et aux sorties en plein air dans le cadre de l'élevage. Bien qu'elles ignorent pratiquement tout des méthodes de production des filières de la viande et du lait, les personnes interrogées semblent avoir une grande confiance dans la viande suisse. Comment expliquer ces contradictions ? Nous avons examiné les conclusions du sondage accessibles au public et en avons vérifié les affirmations, notamment celles qui concernent le respect des animaux. Proviande n'a pas souhaité nous fournir des informations plus approfondies malgré notre insistance.</p> <h3>L'une des lois sur la protection des animaux les plus sévères au monde, vraiment ?</h3> <p>Dans sa communication autour des résultats de l'enquête, Proviande fait la part belle au respect des besoins des animaux d'élevage. Les consommateurs-ice-s attachent de l'importance au respect des besoins de l'espèce dans le cadre de l'élevage. Cela va du traitement correct des animaux à la possibilité de sortir en plein air en passant par le refus de l'élevage industriel. D'après Proviande, l'élevage en Suisse est «&nbsp;perçu, de façon générale, comme respectueux des besoins de l'espèce&nbsp;». C'est précisément la raison pour laquelle la filière de la viande a beaucoup misé sur «&nbsp;l'information et la communication factuelle&nbsp;», ce d'autant plus que la Suisse disposerait de «&nbsp;l'une des lois sur la protection des animaux les plus sévères au monde&nbsp;». Proviande estime par ailleurs que ce constat devrait faire l'objet d'une communication plus large. L'élevage est-il donc vraiment si respectueux des animaux en Suisse ?</p> <p>Rappelons à ce propos que la loi sur la protection des animaux réglemente l'usage que l'on fait des animaux. D'après une étude réalisée pour le compte d'Agrofutura (p.&nbsp;83)<sup>3</sup>, la législation définit donc ce qui peut «&nbsp;encore être considéré comme acceptable&nbsp;», l'élément décisif étant la rentabilité pour les humains. De ce fait, la loi autorise un certain nombre de pratiques clairement irrespectueuses de l'animal, par exemple de détenir des cochons sans jamais les laisser sortir à l'air libre, de couper la queue des agneaux et de tuer les poussins mâles dès l'éclosion. Les conditions de détention ne peuvent pas être considérées comme plus respectueuses en Suisse juste parce qu'elles sont probablement pires dans les autres pays. S'ajoutent à cela des défaillances dans le contrôle et la sanction en cas de non-respect des prescriptions légales. Sans un système de contrôle rigoureux, n'importe quelle loi sur la protection des animaux, même la plus sévère au monde, est inutile.</p> <h3>La crise de l'industrie porcine pointe de graves manquements</h3> <p>La <a href="https://www.swissveg.ch/surproduction-viande-de-porc?language=fr">« crise de l'industrie porcine »</a> de l'année dernière a mis en lumière de façon exemplaire un certain nombre de manquements dans les élevages suisses. Ainsi, les éleveurs ont décuplé leur production pour répondre à une augmentation de la demande en viande de porc suisse, elle-même due à l'arrêt du tourisme d'achat en zone frontalière au début de la pandémie de coronavirus. Lorsque la demande à drastiquement reculé peu de temps après, ils n'ont pas réagi, entraînant une surpopulation dans les étables. Dans des conditions normales, dix <a href="https://www.swissveg.ch/cochons?language=fr">cochons</a> peuvent être élevés sur une surface «&nbsp;de la taille d'une place de stationnement pour voiture&nbsp;». Or, l'an passé, avec le prolongement de la période d'engraissement, les porcs, non seulement plus nombreux, devenaient aussi plus gros. Conséquences&nbsp;: un liberté de mouvement quasi nulle, un stress accru et une hygiène toujours plus mauvaise. Face à des prescriptions légales de protection des animaux qui ne pouvaient plus être respectées, même les services vétérinaires ont tiré la sonnette d'alarme. C'est ce que confirment, selon saldo, des photos de l'organisation de protection des animaux Tier im Fokus, qui montrent des porcs que le président Tobias Sennhauser décrit comme «&nbsp;entassés dans un espace exigu&nbsp;». Malgré cela, presque aucune procédure légale n'a été engagée.<sup>4,5</sup></p> <h3>Ignorance des réalités de l'élevage</h3> <p>Les animaux sont élevés dans de mauvaises conditions, et ce pas seulement en temps de crise. Le manque de place, de possibilité de sortie à l'air libre et d'occupation chronique est la règle plutôt que l'exception. En voici quelques exemples&nbsp;: en Suisse il est possible de détenir jusqu'à 17&nbsp;poules pondeuses au mètre carré, la moitié des porcs ne sortent jamais à l'air libre et seuls 12% des animaux de rente foulent l'herbe d'un pré durant leur vie.<sup>6,7</sup> La majorité des consommatrices et des consommateurs sont choqués lorsqu'ils apprennent ces chiffres en contradiction totale avec l'image qu'ils se font de l'élevage dans notre pays.</p> <p>Le sondage de Proviande confirme que le public en sait très peu sur les conditions d'élevage industrielles. Ainsi, moins de la moitié des personnes interrogées savent qu’une vache doit avoir un veau pour donner du <a href="https://www.swissveg.ch/mythes_lait?language=fr">lait</a>. On en déduit aisément que les gens ne réalisent pas quels efforts énormes la <a href="https://www.swissveg.ch/fete-des-meres?language=fr">production de lait</a> impose aux vaches&nbsp;: pour assurer une production continue, elles font régulièrement l'objet d'une insémination artificielle et sont donc portantes une grande partie de leur vie. Elle sont séparées de leur petit dès la mise bas. Les veaux mâles sont, pour leur part, destinés à l'abattoir dans des délais très brefs. En effet, comme le précise Proviande, l'industrie du lait et de la viande sont «&nbsp;étroitement liées&nbsp;».<sup>8</sup> La vie d'un animal dit de rente en Suisse n'a rien d'idyllique, contrairement à l'image que véhicule la publicité.</p> <h3>De la viande et du lait garantis sans antibiotiques ?</h3> <p>Selon l'étude de Proviande, près d'une personne sur deux pense que l'usage d'antibiotiques est très peu répandu dans les élevages de Suisse. À ce titre, le public a, aux dires mêmes de Proviande, «&nbsp;besoin de plus d'informations&nbsp;». Si l'utilisation d'antibiotiques à des fins d'augmentation de la performance est interdite en Suisse depuis 20&nbsp;ans, l’utilisation d’antibiotiques chez les animaux de rente est tout sauf «&nbsp;très peu répandu&nbsp;». Au contraire, des antibiotiques sont administrés régulièrement et de plus en plus souvent dans le cadre de la production de lait et de viande. En 2021, on a ainsi recensé 21&nbsp;millions de traitements aux antibiotiques, une augmentation de plus de 20&nbsp;% par rapport à l'année précédente. En chiffres absolus, la <a href="https://www.swissveg.ch/gefluegel">volaille</a> comptabilise le nombre de traitements le plus élevé. Reporté au cheptel total, les vaches laitières comptent 720&nbsp;traitements pour 1000&nbsp;individus.<sup>9</sup> En réalité, des études ont montré que les les agriculteur-ice-s suisses sont plus enclin-e-s à traiter le pis de leurs vaches laitières aux antibiotiques que leurs consœurs et confrères ailleurs en Europe, et ce depuis des années.<sup>10</sup> Une vache suisse reçoit en moyenne un traitement antibiotique par année pour son pis. C'est trois fois plus qu'en Autriche, dix-huit fois plus qu'au Danemark et carrément nonante fois plus qu'en Norvège.<sup>11</sup> La raison&nbsp;: les performances exigées de la part de nos vaches sont telles qu'elles sont totalement surmenées et partant, davantage sujettes aux infections. Les antibiotiques sont donc souvent administrés à titre prophylactique. Il arrive dès lors que le lait soit également contaminé et ne puisse être vendu parce que la teneur en antibiotiques dépasse les normes légales admises de 60&nbsp;μg par litre.<sup>12</sup> Chaque année, environ 80&nbsp;millions de litres de lait sont ainsi impropres à la consommation, ce qui correspond à la consommation annuelle de 1,5 million de personnes en Suisse. Ce lait est alors souvent donné aux veaux ou versé dans les engrais, ce qui favorise la formation de germes résistants aux antibiotiques, qui pénètrent à leur tour dans l'organisme humain via les légumes ou les salades et peuvent entraîner de graves problèmes de santé chez les humains.</p> <p>En période d'engraissement, les veaux se voient aussi souvent administrer préventivement une cure d'antibiotiques. De fait, comme il est quasiment impossible de repérer les individus malades dans un groupe de plus d'une centaine de bêtes détenues dans un espace très exigu et que la proximité renforce le risque de contagion, les éleveurs traitent tout le troupeau. Outre le fait qu'elles multiplient le risque de voir émerger des souches résistantes aux antibiotiques pour les traitements en médecine humaine, ces pratiques prouvent également que ces conditions de détention ne respectent aucunement les besoins des animaux. Un mode d'élevage qui dépend de l'usage permanent d'antibiotiques ne saurait être considéré comme approprié.</p> <h3>Dépasser les images d'Épinal</h3> <p>L'étude d'image de Proviande met une fois de plus en évidence qu'elle, au même titre que d'autres organisations comme Swissmilk, véhicule une image d'Épinal de l'élevage tel qu'il est pratiqué en Suisse. Contrairement au message que Proviande s'efforce de faire passer, nos méthodes d'élevage ne peuvent pas être qualifiées de respectueuses des animaux et entraînent de nombreuses dérives telles que l'utilisation routinière d'antibiotiques et la crise de l'industrie porcine. Les consommateur-ice-s ne le réalisent toutefois souvent pas. Il est impératif de faire évoluer les choses pour permettre aux gens de prendre des décisions d'achat en connaissance de cause et de donner suite à leurs convictions.</p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1 Proviande, <a href="https://www.proviande.ch/fr/une-nouvelle-etude-montre-72-des-consommatrices-et-consommateurs-ont-une-tres-grande-confiance-dans" rel=" noopener" target="_blank">Une nouvelle étude montre: 72% des consommatrices et consommateurs ont une très grande confiance dans la viande suisse.</a> 2 mars 2023.</p> <p>2 Proviande,&nbsp;<a href="https://www.proviande.ch/sites/proviande/files/2023-03/230302_Auszug%20Imagestudie_d_2.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Auszug: Bericht zur quantitativen Befragung zu Image und Wissen der Schweizer Fleischkonsumentinnen und<br /> -konsumenten bezüglich Fleisch.</a>&nbsp;(en allemand)</p> <p>3 Agrofutura, 2013. Umwelt- und Tierschutz in der Landwirtschaft: <a href="https://www.agrofutura.ch/files/user_upload/Berichte/2013_Schlussbericht_Umwelt-_und_Tierschutz_in_der_Landwirtschaft.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Ein Vergleich der Schweiz mit ausgewählten europäischen Ländern unter besonderer Berücksichtigung des Vollzugs.</a>&nbsp;(en allemand)</p> <p>4&nbsp;RTS, <a href="https://www.rts.ch/info/suisse/13736833-la-suisse-compte-trop-de-cochons-les-veterinaires-sinquietent.html" rel=" noopener" target="_blank">La Suisse compte trop de cochons, les vétérinaires s'inquiètent</a>, 9 février 2023</p> <p>5&nbsp;Mennig, D. &amp; Cetojevic D., Saldo.&nbsp;<a href="https://www.saldo.ch/artikel/artikeldetail/industrie-verramscht-schweinefleisch-ins-ausland-auf-kosten-der-steuerzahler" rel=" noopener" target="_blank">Industrie verramscht Schweinefleisch ins Ausland&nbsp;– auf Kosten der Steuerzahler</a>. 21 janvier 2023. (en allemand)</p> <p>6 Quatre pattes, <a href="https://www.quatre-pattes.ch/campagnes-themes/themes/animaux-rente/initiative-contre-lelevage-intensif" rel=" noopener" target="_blank">Initiative contre l'élevage intensif en Suisse</a>, 15 août 2022</p> <p>7 Quatre pattes, <a href="https://www.quatre-pattes.ch/campagnes-themes/animaux/poules/modes-d-elevage-poules-en-suisse" rel=" noopener" target="_blank">Modes d'élevage des poules en Suisse</a>, 22 mars 2023</p> <p>8 Quatre pattes, <a href="https://www.quatre-pattes.ch/campagnes-themes/themes/nutrition/une-histoire-de-lien" rel=" noopener" target="_blank">Une histoire de lien</a></p> <p>9 Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), <a href="https://www.blv.admin.ch/blv/fr/home/tiere/tierarzneimittel/antibiotika.html" rel=" noopener" target="_blank">Antibiotiques</a>, Confédération helvétique.</p> <p>10 Demuth, Yves,&nbsp;<a href="https://www.beobachter.ch/umwelt/kuhmilch-schweizer-bauern-spritzen-rekordmassig-antibiotika">Schweizer Bauern spritzen rekordmässige Antibiotika,</a>&nbsp;Beobachter, 25 octobre 2018. (en allemand)</p> <p>11 Mennig, D. &amp; Mistric, V.&nbsp;<a href="https://www.ktipp.ch/artikel/artikeldetail/antibiotikaspritzen-im-kuhstall-80-millionen-liter-milch-pro-jahr-unbrauchbar/">Antibiotikaspritzen im Kuhstall: 80 Millionen Liter Milch pro Jahr unbrauchbar</a>, Ktipp, 19 avril 2022. (en allemand)</p> <p>12 Département fédéral de l'intérieur (DFI) et OSAV, <a href="https://www.blv.admin.ch/dam/blv/fr/dokumente/lebensmittel-und-ernaehrung/lebensmittelsicherheit/information-umgang-positiven-befunden-milchpruefung.docx.download.docx/information-resultats-positifs.docx" rel=" noopener" target="_blank">Information sur la manière de réagir à des résultats d’analyse positifs au contrôle officiel du lait consécutifs à l’administration d’antibiotiques, notamment de Mastiplan</a>, 1<sup>er</sup> janvier 2016</p> </div></div> Wed, 05 Jul 2023 08:52:00 +0000 Vivian 4005 at https://www.swissveg.ch Die industrielle Tierhaltung bringt unsere Erde an ihre Belastungsgrenzen https://www.swissveg.ch/de/planetare-belastungsgrenzen?language=fr <span>L&#039;élevage industriel pousse notre planète à ses limites</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634?language=fr" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>22. juin 2023 - 9:25</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Une étude récemment publiée<sup>1</sup> examine la santé de notre planète sur la base de huit indicateurs, dont le climat, la biodiversité et les ressources en eau. Le résultat est choquant : dans la plupart des domaines, nous avons déjà dépassé les limites de notre planète. Et l'agriculture animale n'y est de loin pas pour rien.</p> <p>Le changement climatique le montre bien : notre bien-être est étroitement lié à l'état de santé de la planète. En termes de températures, le climat se rapproche dangereusement du seuil de tolérance de la planète, et donc du nôtre. Mais la stabilité de notre environnement dépend aussi de nombreux autres aspects moins apparents. La diminution des réserves d'eau potable, la pollution de l'air, l'assèchement des sols ou la perte de la biodiversité, par exemple, menacent directement la vie sur Terre. Afin d'évaluer l'état de santé de la planète dans son ensemble, une nouvelle étude, dirigée par le chercheur Johan Rockström, a examiné si et dans quelle mesure nous avons déjà dépassé les limites naturelles de la planète. Pour ce faire, elle a évalué le climat, les écosystèmes, la qualité de l'air ainsi que les cycles de l'eau et des nutriments à l'aide de huit indicateurs (voir tableau). Le résultat est alarmant : sept des huit valeurs sont déjà largement supérieures aux seuils de tolérance déterminés par l'étude.</p> <p> </p> <figure role="group" class="align-center"><img alt="Tableau contenant les huit valeurs présentées" data-entity-type="file" data-entity-uuid="b1017308-38f1-4d4f-9afc-279fb93d0382" height="497" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/FR%20Kennzahl_0.png" width="649" /><figcaption><em>Vue d'ensemble des huit indicateurs pris en compte dans l'étude de Rockström et al.</em></figcaption></figure><p> </p> <p>Les limites planétaires fixées tiennent compte, d'une part, du point jusqu'auquel la stabilité des écosystèmes est garantie (limite « sûre ») et, d'autre part, du moment où la charge deviendra trop importante pour les écosystèmes et les générations d'aujourd'hui et de demain (limite « juste »). Le climat, par exemple, n'a pas encore franchi sa limite sûre, mais il affecte déjà la vie d'innombrables personnes au point que sa limite juste est considérée comme dépassée. Les domaines environnementaux étudiés sont par ailleurs étroitement liés les uns aux autres ; un dépassement des limites dans un domaine peut donc avoir un impact extrêmement négatif sur une autre domaine. Et l'agriculture animale a joué un rôle non négligeable dans le surpassement de toutes ces limites.</p> <p> </p> <figure role="group" class="align-center"><img alt="Visualisierung der Belastungsgrenzen" data-entity-type="file" data-entity-uuid="3f468dd0-151d-48b3-9603-3fee69ba55da" height="585" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Grenzen.PNG" width="714" /><figcaption><em>Les limites sûres (en rouge) et justes (en bleu) proposées par l'étude. L'état actuel de la planète est indiqué par le symbole de la Terre. Source : Rockström et al.</em></figcaption></figure><p> </p> <h3>L'agriculture animale pèse sur les écosystèmes</h3> <p>L'élevage d'animaux « de rente » a une influence considérable sur presque toutes les valeurs étudiées. Son impact sur le climat est bien connu : à l'origine de près de 30 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète, l'élevage contribue davantage au réchauffement climatique que le secteur mondial des transports.<sup>2,3</sup> Selon Rockström et al., la limite juste d'un réchauffement de 1 °C par rapport au niveau préindustriel a été dépassée depuis longtemps (elle s'élève aujourd'hui à 1,2 °C). D'après les scientifiques, le moyen le plus rapide de freiner drastiquement cette évolution et d'inverser la tendance pour un monde plus sûr et plus juste serait de réduire le nombre de bovins élevés à travers le monde, ceux-ci émettant des quantités considérables de méthane.<sup>4</sup></p> <h3>Diminution des ressources en eau, perte de la biodiversité</h3> <p>Outre le climat, les ressources en eau de notre planète sont, selon Rockström et al., d'ores et déjà surexploitées : en de nombreux endroits, la quantité d'eau que nous puisons des nappes phréatiques année après année dépasse leur capacité de reconstitution. La majeure partie de l'eau est destinée à l'agriculture, qui consomme environ 72 % des ressources mondiales en eau.<sup>5</sup> La production d'aliments d'origine animale est de loin la plus gourmande en eau, tant en termes de quantité de production absolue que par calorie ou par gramme de protéines.<sup>6</sup> Un exemple : la production d'un kilo de viande de bœuf nécessite environ 15'400 litres d'eau (moyenne mondiale). Même un kilo d'avocats, un produit végétal plus gourmand en eau que la moyenne, ne nécessite que près de 2000 litres d'eau.<sup>7</sup> Cette différence considérable s'explique en premier lieu par la grande quantité de nourriture pour animaux nécessaire à la production de denrées d'origine animale.</p> <p>Cette culture intensive d'aliments pour animaux est également fatale à la biodiversité mondiale. Pour évaluer l'état de cette dernière, l'étude s'appuie sur deux valeurs de mesure différentes – et les deux vont bien au-delà d'une limite sûre et juste. Cette étude confirme donc, comme de nombreuses autres, que nous faisons face à une crise mondiale de la biodiversité. Une situation largement imputable à nos systèmes alimentaires, que l'on estime responsables d'environ 70 % de la perte de biodiversité terrestre et 50 % de la perte de biodiversité aquatique. L'aliment le plus néfaste pour la biodiversité est la viande : selon une étude du WWF, sa production génère à elle seule 58 % de l'« empreinte biodiversité » (c'est-à-dire de l'impact négatif sur la biodiversité) d'un régime alimentaire allemand moyen. Les autres aliments d'origine animale, tels que les produits laitiers et les œufs, représentent 19 % de l'empreinte, tandis que les aliments d'origine végétale, comme les fruits, les légumes, les céréales et les noix, ne totalisent que 23 %.<sup>8</sup> Cela s'explique en premier lieu par les importantes superficies nécessaires à la production d'aliments pour animaux. En effet, l'extension constante des surfaces exploitées prive les animaux et les plantes de leur habitat naturel, ce qui conduit finalement à leur disparition.</p> <h3>Quand les nutriments deviennent des polluants</h3> <p>Deux autres limites examinées par l'étude concernent l'accumulation d'éléments nutritifs dans le sol sous la forme d'un excès d'azote et de phosphore. Comme le souligne l'étude, la surfertilisation des sols est principalement due à l'agriculture, qui est responsable d'environ 90 % des apports de phosphore et d'azote dans le système terrestre dus à l'activité humaine. La surfertilisation donne lieu à des quantités bien trop importantes d'éléments nutritifs dans l'eau, le sol et l'air, ce qui peut avoir des conséquences fatales. Ces excédents peuvent notamment tuer des populations entières de poissons en baissant la teneur en oxygène de l'eau, et nuire à la santé humaine en augmentant la teneur en nitrates de l'eau ou en se diffusant dans l'air sous forme de particules fines. Les limites sûres en termes d'excédents de phosphore et d'azote sont, selon Rockström et al. déjà largement dépassées à l'échelle mondiale. C'est aussi un problème en Suisse : selon la Confédération, environ deux tiers des apports d'azote dans les écosystèmes sensibles sont aujourd'hui dus aux émissions d'ammoniac liées à l'agriculture – et près de 90 % de ces émissions proviennent de l'agriculture animale.<sup>9,10</sup> Les conséquences sont dramatiques : en raison de la surfertilisation, 60 % des lacs suisses manquent aujourd'hui d'oxygène. Les petits plans d'eau comme le lac de Baldegg ou le lac de Sempach, situés dans des régions dominées par l'élevage intensif, sont même oxygénés artificiellement depuis des années.<sup>11</sup> Sans cela, leurs écosystèmes ne seraient plus viables à cause de la forte concentration de polluants. Avant qu'ils soient placés sous « respirateur artificiel », une mortalité massive des poissons avait été observée dans ces deux lacs.<sup>12</sup></p> <h3>L'alimentation végétale est respectueuse de la planète</h3> <p>En fin de compte, l'étude de l'Institut de recherche de Potsdam sur les effets du changement climatique confirme une fois de plus ce que nous savons déjà : l'agriculture animale pèse lourdement sur chaque aspect de notre environnement et pousse littéralement notre planète à ses limites. Bien entendu, d'autres domaines, comme le secteur mondial des transports ou l'industrie, ont eux aussi un impact non négligeable sur la planète. Une évolution vers un monde respectueux de l'environnement et de ses limites doit se faire à plusieurs niveaux simultanément. Pour cela, une transformation de notre système alimentaire est indispensable – et à l'échelle individuelle, nous pouvons y contribuer au maximum en nous engageant pour une alimentation davantage axée sur le végétal.<sup>13</sup></p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1 Rockström, J., Gupta, J., Qin, D. et al., 2023. <a href="https://doi.org/10.1038/s41586-023-06083-8" rel=" noopener" target="_blank">Safe and just Earth system boundaries. </a>Nature.</p> <p>2&nbsp;Twine, R., 2021. <a href="doi.org/10.3390/su13116276" rel=" noopener" target="_blank">Emissions from Animal Agriculture—16.5% Is the New Minimum Figure.</a> Sustainability, 13, 6276.</p> <p>3&nbsp;FAO, 2006. <a href="www.fao.org/3/a0701e/a0701e00.htm" rel=" noopener" target="_blank">Livestock's Long Shadow.</a></p> <p>4 Eisen, M.B. &amp; Brown, P.O., 2022, <a href="https://journals.plos.org/climate/article?id=10.1371/journal.pclm.0000010" rel=" noopener" target="_blank">Rapid global phaseout of animal agriculture has the potential to stabilize greenhouse gas levels for 30 years and offset 68 percent of CO2 emissions this century.</a> PLOS Climate.</p> <p>5&nbsp;United Nations, 2021. <a href="https://www.unwater.org/publications/summary-progress-update-2021-sdg-6-water-and-sanitation-all" rel=" noopener" target="_blank">Summary Progress Update 2021: SDG 6 – water and sanitation for all.</a> UN Water.</p> <p>6&nbsp;Water Footprint Network, <a href="https://waterfootprint.org/en/resources/interactive-tools/product-gallery/" rel=" noopener" target="_blank">Product Gallery.</a></p> <p>7&nbsp;Winterer, A. <a href="https://utopia.de/ratgeber/avocado/#avocado-umwelt" rel=" noopener" target="_blank">Avocado kaufen oder nicht? Wichtige Fakten zu Umwelt, Bio &amp; mehr.</a> Utopia, 31 août 2021-</p> <p>8&nbsp;WWF, 2022. <a href="https://www.wwf.de/themen-projekte/landwirtschaft/ernaehrung-konsum/besseresserinnen/ernaehrung-und-biodiversitaet" rel=" noopener" target="_blank">Ernährung und biologische Vielfalt.</a></p> <p>9&nbsp;Office fédéral de l'environnement (OFEV). <a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/air/info-specialistes/qualite-de-l-air-en-suisse/" rel=" noopener" target="_blank">Les polluants atmosphériques azotés portent atteinte à la biodiversité.</a></p> <p>10&nbsp;Office fédéral de l'environnement (OFEV). <a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/air/info-specialistes/sources-de-polluants-atmospheriques/sources-de-polluants-atmospheriques---agriculture.html" rel=" noopener" target="_blank">Sources de polluants atmosphériques: agriculture.</a></p> <p>11&nbsp;Office fédéral de l'environnement (OFEV). <a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/eaux/info-specialistes/etat-des-eaux/etat-des-lacs/qualite-de-l_eau-des-lacs.html" rel=" noopener" target="_blank">Qualité de l’eau des lacs</a></p> <p>12&nbsp;Der Spiegel, <a href="https://www.spiegel.de/politik/bis-zum-hals-a-4b5d3615-0002-0001-0000-000013499643" rel=" noopener" target="_blank">Bis zum Hals.</a> 3 juin 1990.</p> <p>13 Eat Forum, <a href="https://eatforum.org/eat-lancet-commission/the-planetary-health-diet-and-you/" rel=" noopener" target="_blank">The Planetary Health Diet.</a></p> </div></div> Wed, 21 Jun 2023 08:20:33 +0000 Vivian 3992 at https://www.swissveg.ch Was hat Veganismus mit sozialer Gerechtigkeit zu tun? https://www.swissveg.ch/de/veganismus-soziale-gerechtigkeit?language=fr <span>Quel est le rapport entre véganisme et justice sociale ?</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634?language=fr" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>17. mai 2023 - 10:49</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">En plus d'être saine et respectueuse du climat, l'alimentation végétale pourrait également contribuer à réduire la faim dans le monde et à répartir les ressources de manière plus équitable.</p> <p>Les bienfaits du véganisme pour les animaux et l'environnement, ainsi que ses avantages pour la santé, sont de plus en plus connus. En aidant à réduire la souffrance animale et les problèmes environnementaux, le régime végétalien peut également contribuer à une plus grande justice sociale et à une diminution de la faim dans le monde.</p> <h3>Hausse de la malnutrition</h3> <p>La faim et la malnutrition sont des problèmes graves dans de nombreuses régions du monde. Alors que la plupart des habitant-e-s des pays industrialisés occidentaux ont aisément accès à des quantités suffisantes de nourriture, d'innombrables personnes luttent contre la faim dans le Sud global, notamment en Afrique et en Asie du Sud. Selon l'organisation allemande Welthungerhilfe, près de 830 millions de personnes dans le monde souffraient de malnutrition en 2021. Après avoir diminué pendant des décennies, ce chiffre est même à nouveau en hausse. Et compte tenu de l'augmentation constante de la population mondiale, de la crise climatique, des conflits armés et d'autres crises mondiales, on peut s'attendre à ce que la situation s'aggrave encore à l'avenir. Pour y remédier, la Welthungerhilfe estime qu'une transformation de notre système alimentaire est impérative.<sup>1</sup> </p> <h3>Économiser la nourriture, la terre et l'eau</h3> <p>Mettre l'accent sur la production d'aliments végétaux pourrait contribuer de manière significative à un tel changement, car elle utilise nos ressources naturelles de manière bien plus efficace que la production d'aliments d'origine animale. En effet, cette dernière va forcément de paire avec un gaspillage alimentaire, puisqu'elle nécessite d'abord de nourrir les vaches, les porcs, etc. pour produire des aliments destinés à la consommation humaine. Ce faisant, les animaux consomment beaucoup plus de calories qu'ils n'en produisent sous forme de lait, de viande et autres, car ils ont besoin d'une grande partie de ces calories pour leur propre équilibre énergétique.</p> <p>La production de denrées d'origine animale nécessite donc d'énormes quantités d'aliments pour animaux, ce qui implique une consommation faramineuse de terres et d'eau. Aujourd'hui, près de 80 % des terres arables de la planète sont consacrées à l'élevage d'animaux de rente et à la production d'aliments pour animaux, bien qu'il n'en résulte respectivement que 18 % et 37 % des calories et des protéines consommées dans le monde !<sup>2</sup><img alt="Hände greifen nach Früchte, Gemüse und anderen pflanzlichen Lebensmitteln" data-entity-type="file" data-entity-uuid="db268278-0355-4316-8c01-f83528a7d9f3" height="285" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Bild%20Blog%20%281%29.jpg" width="514" class="align-right" />L'agriculture consomme également la majeure partie de nos ressources en eau (72 %) et, là encore, la production d'aliments d'origine animale est bien plus gourmande en eau que celle d'aliments d'origine végétale.<sup>3</sup> Cela s'explique à nouveau principalement par la nécessité de cultiver des aliments pour animaux. Par exemple, la production d'un kilo de viande de bœuf nécessite 15 400 litres d'eau (moyenne mondiale), contre seulement 287 litres d'eau pour la production d'un kilo de pommes de terre.<sup>4</sup> Bien sûr, la consommation d'eau des aliments végétaux est variable. Mais comparés aux produits d'origine animale, même les aliments végétaux les plus gourmands en eau constituent un meilleur choix. Deux tiers de la population mondiale sont déjà confrontés à des pénuries d'eau chaque année, et étant donné la hausse de la population mondiale et l'avancée du réchauffement climatique, ce chiffre devrait encore augmenter.<sup>5</sup>  Pour économiser de l'eau, il est donc absolument nécessaire de tenir compte d'un facteur aussi primordial que notre alimentation.</p> <h3>Plus de justice pour les individus et pour l'environnement</h3> <p>En outre, la production d'aliments d'origine animale dans les pays occidentaux se fait souvent au détriment d'autres pays, d'où sont importées d'énormes quantités d'aliments pour animaux. Ainsi, on estime que la Suisse exploite au moins 200 000 hectares de terres arables à l'étranger pour ses importations.<sup>6</sup> De nombreux pays industrialisés importent du soja, du maïs, du blé, etc. depuis les pays du Sud, où leur culture entraîne souvent des changements d'affectation des sols (p. ex. sous forme de déforestation), qui ont des répercussions négatives sur la sécurité alimentaire de la population locale ainsi que sur l'environnement. Le meilleur exemple en est la forêt amazonienne, dont la déforestation à grande échelle est principalement causée par l'élevage. Privant de nombreuses populations indigènes de leur espace vital, ce défrichement met en péril non seulement leur sécurité alimentaire, mais aussi leurs traditions et leur patrimoine culturel.</p> <p>Par ailleurs, la production de denrées alimentaires d'origine animale est responsable d'environ 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et constitue ainsi l'un des principaux moteurs de la crise climatique.<sup>7</sup> Les personnes vivant dans le Sud sont touchées de manière disproportionnée par les conséquences de cette crise, qui se manifestent notamment par des chaleurs extrêmes, des périodes de sécheresse prolongées et, partant, une pénurie d'eau et de nourriture. Ainsi, une alimentation plus végétale serait non seulement bénéfique pour la planète, mais aussi pour ses habitant-e-s, en particulier celles et ceux qui souffrent le plus de sa destruction.</p> <h3>Production végétale = moins de faim dans le monde</h3> <p>Étant donné que la production de produits animaux nécessite beaucoup plus d'eau et de terres que celle de produits végétaux, une alimentation plus végétale permettrait de nourrir beaucoup plus de personnes avec la même quantité d'eau et de terres. Au lieu de produire des aliments pour animaux destinés à l'élevage industriel, nous pourrions utiliser les mêmes ressources pour produire des aliments végétaux destinés à la consommation humaine directe. Le cas échéant, une étude a démontré que nous pourrions produire suffisamment de nourriture pour 10 milliards de personnes en respectant les limites naturelles de la planète.<sup>8</sup> Pour cela, il faudrait que tous les aliments végétaux soient consommés directement par l'être humain et que la consommation de protéines animales diminue. Une telle transformation du système alimentaire pourrait considérablement améliorer la sécurité alimentaire de nombreuses populations, notamment au regard des défis croissants auxquels elles sont confrontées. On estime qu'une réduction de 20 % de la consommation de viande dans les pays industrialisés aurait déjà un effet sensible sur la sécurité alimentaire dans le Sud global !<sup>9</sup> Ainsi, tout en préservant l'environnement, le climat et les animaux, l'alimentation végétale contribue également à une gestion plus équitable de l'espace vital d'innombrables personnes à travers le monde, et donc à une répartition plus juste des ressources.</p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1 Welthungerhilfe, <a href="https://www.welthungerhilfe.de/hunger/welthunger-index" rel=" noopener" target="_blank">Welthunger-Index</a>.&nbsp;</p> <p>2&nbsp;&nbsp;Poore, J. &amp; Nemecek, T., 2018.&nbsp;<a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.aaq0216" rel=" noopener" tabindex="-1" target="_blank">Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers.</a>&nbsp;Science 360, 987–992.</p> <p>3 United Nations, <a href="https://www.unwater.org/publications/summary-progress-update-2021-sdg-6-water-and-sanitation-all" rel=" noopener" target="_blank">Summary Progress Update 2021: SDG 6 — water and sanitation for all.</a> 24 février 2021.</p> <p>4 Winterer, A. <a href="https://utopia.de/ratgeber/avocado/#avocado-umwelt" rel=" noopener" target="_blank">Avocado kaufen oder nicht? Wichtige Fakten zu Umwelt, Bio &amp; mehr.</a> Utopia, 31 août 2021.</p> <p>5&nbsp;Mekonnen, M. M. &amp;&nbsp;Hoekstra, A. Y., 2016. Four billion people facing severe water scarcity. ScienceAdvances 2(2).</p> <p>6 Baur, P. &amp; Krayer, P., 2021. <a href="https://digitalcollection.zhaw.ch/bitstream/11475/21943/3/2021_Baur_Schweizer%20Futtermittelimporte_ZHAW.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Schweizer Futtermittelimporte&nbsp;– Entwicklung, Hintergründe, Folgen.</a>&nbsp;Forschungsprojekt im Auftrag von Greenpeace Schweiz. Wädenswil: ZHAW.</p> <p>7&nbsp;Xu, X., Sharma, P., Shu, S. et al., 2021.&nbsp;<a href="https://www.nature.com/articles/s43016-021-00358-x" rel=" noopener" target="_blank">Global greenhouse gas emissions from animal-based foods are twice those of plant-based foods.</a> nature food 2, 724–732.</p> <p>8&nbsp;Gerten, D., Heck, V., Jägermeyr, J. et al., 2020. <a href="https://www.nature.com/articles/s41893-019-0465-1" rel=" noopener" target="_blank">Feeding ten billion people is possible within four terrestrial planetary boundaries.</a> nature sustainability 2,&nbsp;200–208.</p> <p>9 Georg-August-Universität Göttingen, 2013. <a href="https://www.uni-goettingen.de/de/document/download/b5a7986bb08ee3236a54921d2366df21.pdf/agrar%20aktuell%2011.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Weniger Fleisch – weniger Hunger.</a> agrar aktuell 11.&nbsp;</p> </div></div> Wed, 17 May 2023 09:20:08 +0000 Vivian 3985 at https://www.swissveg.ch Unsere Ernährung könnte das Klima um zusätzliche 0,9 Grad erwärmen https://www.swissveg.ch/de/klimaerwaermung-fleisch-milchprodukte?language=fr <span>Notre alimentation pourrait causer un réchauffement supplémentaire de 0,9 degré</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634?language=fr" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>3. avril 2023 - 12:22</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Une récente étude a calculé l'influence isolée de notre production alimentaire sur le futur réchauffement climatique. Les résultats montrent clairement que si nous conservons nos habitudes alimentaires actuelles, à commencer par notre consommation de viande, les objectifs climatiques mondiaux resteront inatteignables.</p> <p><span style="line-height:100%">L'industrie alimentaire est à l'origine d'environ un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre.<sup>1</sup> Il est désormais bien connu que les aliments d'origine animale, et notamment la viande, sont particulièrement nocifs pour notre environnement. Aujourd'hui, une étude montre pour la première fois en chiffres concrets dans quelle mesure différents aliments sont susceptibles d'accentuer le réchauffement climatique dans les années à venir. Si les modèles alimentaires actuels restent les mêmes, notre nourriture pourrait causer près d'un degré de réchauffement climatique supplémentaire d'ici 2100 </span>– et <span style="line-height:100%">près de la moitié du réchauffement climatique lié à notre alimentation sera imputable à deux groupes d'aliments : les produits laitiers et la viande. Cela vaut aussi bien pour le réchauffement jusqu'en 2030 que pour les prévisions à long terme jusqu'à la fin du siècle. À l'exception du riz, tous les autres groupes d'aliments, tels que les légumes, les céréales ou les fruits, ne contribuent pas à plus de 5 % chacun au réchauffement climatique.<sup>2</sup></span></p> <p> </p> <p><img alt="Grafik, die Anteile verschiedener Lebensmittel an der ernährungsbedingten Klimaerwärmung projiziert" data-entity-type="file" data-entity-uuid="7816d60c-e5c1-49e4-9fb8-82f2d38a3e7a" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Grafik-Studie.PNG" /></p> <p><em>Part des différents groupes d'aliments dans le réchauffement climatique lié à l'alimentation – prévision. Camembert : prévisions pour 2030. Source : Ivanovich et al.</em></p> <h3><br /><span style="line-height:100%"><b>La réduction des émissions de méthane pourrait fortement ralentir le changement climatique</b></span></h3> <p><span style="line-height:100%">Si les produits laitiers, le riz et surtout la viande de ruminants sont si nocifs pour le climat, c'est parce qu'ils émettent du méthane. Ce gaz a un effet de serre extrêmement puissant : on lui attribue un potentiel de réchauffement environ 80 fois plus important que celui du CO<sub>2</sub>. L'effet de réchauffement du méthane est par ailleurs beaucoup plus rapide que celui des autres gaz à effet de serre (mais il s'atténue aussi plus rapidement). À l'heure actuelle, on estime qu'au moins un quart du réchauffement planétaire est dû aux émissions de méthane.<sup>3</sup> À l'avenir, cette nouvelle étude prévoit même que plus de 80 % du réchauffement lié à notre alimentation sera causé par des aliments à forte teneur en méthane, à savoir la viande de ruminants, les produits laitiers et le riz. Partant, la réduction des émissions de méthane est considérée comme la mesure climatique la plus urgente. Il convient de noter que les émissions de méthane de la production de riz sont également dues en grande partie à l'utilisation d'engrais animaux issus de l'élevage industriel et pourraient être fortement réduites par l'utilisation d'engrais minéraux, comme le montrent les expériences faites en Chine<sup>4</sup>. D'après des études réalisées dans les universités de Stanford et de Berkeley, le moyen le plus rapide de freiner drastiquement la progresssion du réchauffement climatique serait de réduire le cheptel mondial<sup>5</sup>.</span></p> <h3><span style="line-height:100%"><b>Le dernier rapport sur le climat était supposé recommander une alimentation végétale</b></span></h3> <p><span style="line-height:100%">Selon les journaux, le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) était censé recommander aux pays occidentaux de végétaliser leur alimentation conformément à ces connaissances scientifiques. De fait, une alimentation végétale pourrait diminuer « jusqu'à 50 % » les émissions de gaz à effet de serre produites par le régime alimentaire occidental moyen, qui produit de fortes émissions.<sup><span style="font-size: 15px;">6 </span></sup>Cette recommandation n'a malheureusement pas été intégrée dans le résumé final du rapport destiné aux décideurs politiques. Avant la publication du document, les députés internationaux peuvent en effet proposer des amendements, et les représentants politiques de l'Argentine et du Brésil – des pays qui produisent énormément de viande – auraient insisté pour que le terme « alimentation végétale » soit supprimé. Le rapport publié ne recommande plus qu'une « alimentation équilibrée », une notion extrêmement vague. Et pour la énième fois, le texte est loin de refléter l'influence considérable de notre production alimentaire sur le réchauffement climatique. Pourtant, le rapport souligne bien que nos objectifs climatiques resteront inatteignables si les États ne réduisent pas drastiquement leurs émissions dans un avenir immédiat.<sup>7</sup></span></p> <p><span style="line-height:100%">Les preuves scientifiques ne pourraient pas être plus claires. Une réduction de notre consommation de viande et de lait pourrait déjà nous faire gagner un temps précieux et nous permettre de nous adapter aux changements provoqués par le réchauffement climatique. Comme le souligne la chercheuse Meredith Niles, les résultats de cette nouvelle étude montrent clairement « que l'alimentation est un levier essentiel pour atteindre les objectifs climatiques de l'accord de Paris – si nous n'en tenons pas compte, nous n'atteindrons pas nos objectifs climatiques mondiaux ».<sup>8</sup> C'est ce qu'illustrent également les objectifs climatiques de la Suisse : d'ici 2050, les émissions annuelles de CO<sub>2</sub>, qui s'élèvent à environ 4 tonnes par habitant, doivent être réduites de moitié<sup><span style="font-size: 15px;">9</span></sup>. Or, une alimentation omnivore à elle seule génère déjà 1,5 tonne de CO<sub>2</sub> par personne<sup><span style="font-size: 15px;">10</span></sup>.  Par conséquent, si nous ne changeons pas radicalement notre alimentation, ces objectifs climatiques resteront tout bonnement irréalisables. Il est grand temps que la politique place ces connaissances au-dessus des intérêts économiques. D'ici là, nous pouvons nous engager pour le climat à l'échelle individuelle, à chaque repas et à chaque achat. Car même si elle ne nous permettra pas à elle seule d'atteindre les objectifs climatiques, l'alimentation végétalienne reste la mesure individuelle la plus efficace que nous puissions prendre pour préserver le climat.<sup><span style="font-size: 15px;">11</span></sup></span></p> <p> </p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1&nbsp;Poore, J. &amp; Nemecek, T., 2018.&nbsp;<a href="https://www.science.org/doi/10.1126/science.aaq0216" rel=" noopener" target="_blank">Reducing food’s environmental impacts through producers and consumers.</a> Science 360, 987–992.</p> <p>2&nbsp;Ivanovich, C.C., Sun, T., Gordon, D.R. et al., 2023. <a href="https://doi.org/10.1038/s41558-023-01605-8" rel=" noopener" target="_blank">Future warming from global food consumption.</a> Nat. Clim. Chang. 13, 297–302.</p> <p>3&nbsp;Ilissa B. Ocko et al., 2021. <a href="https://iopscience.iop.org/article/10.1088/1748-9326/abf9c8#erlabf9c8s4" rel=" noopener" target="_blank">Acting rapidly to deploy readily available methane mitigation measures by sector can immediately slow global warming.</a> Environ. Res. Lett. 16.</p> <p>4 Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), 2006.&nbsp;<a href="https://www.fao.org/3/a0701e/a0701e00.htm" rel=" noopener" target="_blank">Livestock's Long Shadow.&nbsp;</a></p> <p>5 Eisen, M.B. &amp; Brown, P.O., 2022. <a href="https://journals.plos.org/climate/article?id=10.1371/journal.pclm.0000010" rel=" noopener" target="_blank">Rapid global phaseout of animal agriculture has the potential to stabilize greenhouse gas levels for 30 years and offset 68 percent of CO2 emissions this century.</a> Plos Climate.</p> <p>6 Thomas, M.&nbsp;<a href="https://www.distilled.earth/p/how-meat-and-fossil-fuel-producers" rel=" noopener" target="_blank">How Meat and Fossil Fuel Producers Watered Down the Latest IPCC Report.</a> Distilled, 23 mars 2023.&nbsp;</p> <p>7 IPCC, 2023.&nbsp;<a href="https://report.ipcc.ch/ar6syr/pdf/IPCC_AR6_SYR_SPM.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Synthesis Report of the IPCC Sixth Assessment Report (AR 6).</a></p> <p>8 Costley, D.&nbsp;<a href="https://time.com/6260542/food-consumption-risks-paris-climate-target/" rel=" noopener" target="_blank">Current Food Consumption Habits May Add Nearly 1 Degree of Warming by 2100.</a> Time, 6 mars 2023.</p> <p>9 Office fédéral de l'environnement OFEV.&nbsp;<a href="https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/climat/en-bref.html" rel=" noopener" target="_blank">Climat : En bref.</a>&nbsp;</p> <p>10&nbsp;Schlatzer M. &amp; Lindenthal, T. (2020):&nbsp;<a href="https://www.fibl.org/fileadmin/documents/de/news/2020/startclim_endbericht_2012.pdf" rel=" noopener" target="_blank">Einfluss von unterschiedlichen Ernährungsweisen auf Klimawandel und Flächeninanspruchnahme in Österreich und Übersee (DIETCCLU).</a>&nbsp;Endbericht von StartClim2019.B in StartClim2019: Weitere Beiträge zur Umsetzung der österreichischen Anpassungsstrategie, Auftraggeber: BMLFUW, BMWF, ÖBf, Land Oberösterreich.</p> <p>8 Bailey, T. et al. 2022. <a href="https://static1.squarespace.com/static/5f462d8d0b04df7da032a9bd/t/62252df0cc7bb27d653085a4/1646603770769/The+Power+of+People+-+The+JUMP.pdf" rel=" noopener" target="_blank">The Power of People: Climate Action and the Role of Citizens and Communities. </a>The JUMP, Arup, C40.</p> <p>&nbsp;</p> </div></div> Mon, 03 Apr 2023 08:14:56 +0000 Vivian 3969 at https://www.swissveg.ch Gefährliche Blaualgenexplosion: Tierische Landwirtschaft zerstört Schweizer Seen https://www.swissveg.ch/de/blaualgen-tierische-landwirtschaft?language=fr <span>Dangereuse prolifération d&#039;algues toxiques : l&#039;élevage détruit les lacs suisses</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2661?language=fr" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Vivian</span></span> <span>28. février 2023 - 12:05</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Les lacs de Zoug et d'Aegeri sont recouverts d'un tapis d'algues toxiques rares en cette saison. Ce phénomène est dû à la pollution des lacs par l'élevage intensif pratiqué dans les exploitations agricoles voisines. Les algues bleues dont il est question sont mortelles pour les animaux et toxiques pour les humains.</p> <p>Les autorités zougoises mettent en garde la population depuis plusieurs jours&nbsp;: la prolifération des cyanobactéries, dites algues sanguines de Bourgogne ou algues bleues, rendent la baignade dangereuse dans les lacs de Zoug et d'Aegeri, qui en sont recouverts par endroits. Entrer en contact avec de l'eau contaminée par les algues bleues peut entraîner la mort en quelques minutes, en particulier chez les chiens mais aussi chez d'autres animaux. Les humains, quant à eux, peuvent développer des symptômes dangereux tels que de violentes réactions allergiques, des difficultés respiratoires ou des pertes de conscience. De nombreux cadavres d'oiseaux ont ainsi été retrouvés sur la rive du lac de Zoug.<sup>1</sup> Cette prolifération d'algues s'explique dans une large mesure par l'élevage intensif pratiqué dans les exploitations agricoles riveraines.</p> <h3>Le phosphore produit par les élevages menace la biodiversité</h3> <p>Conjuguée aux températures clémentes, la pollution des lacs par les conséquences de l'élevage intensif pratiqué dans la région est à l'origine de la prolifération d'algues. En effet, une teneur élevée en phosphore dans l'eau des lacs favorise la croissance exponentielle des algues. Or, en Suisse, 80% du phosphore provient du fumier ou du lisier.<sup>2</sup> Le lac de Zoug est le lac de Suisse qui enregistre la concentration de phosphore la plus élevée. Elle dépasse de trois fois la concentration considérée comme saine. Son bassin d'alimentation compte plus de 400 exploitations agricoles, dont certaines ne prennent pas de mesures (suffisantes) pour limiter l'apport en engrais dû à l'épandage de fumier ou de lisier.<sup>3</sup></p> <p>La prolifération d'algues constitue une menace non seulement pour les humains et les animaux terrestres, mais aussi pour tout l'écosystème aquatique. En effet, les algues en décomposition captent l'oxygène présent dans l'eau, ce qui a des conséquences fatales pour les poissons et tous les êtres vivants dans le milieu aquatique, puisque ceux-ci sont privés d'un élément essentiel pour leur survie. De plus, le tapis d'algues fait de l'ombre à la végétation qui pousse sur le fond du lac. Le manque de lumière et d'oxygène cause ainsi la disparition d'espèces de plantes. Des bancs entiers de poissons ont d'ores et déjà été retrouvés morts. La biodiversité est gravement menacée.</p> <h3>Lacs suisses placés sous respirateur artificiel</h3> <p>Dans les profondeurs du lac de Zoug, le manque d'oxygène est déjà patent. Et il n'est pas le seul&nbsp;: 60% des lacs suisses étouffent. Les petits plans d'eau comme le lac de Baldegg ou le lac de Sempach situés dans des régions dominées par l'élevage intensif sont oxygénés artificiellement depuis des années.</p> <p>Pour remédier à la mauvaise santé du lac de Zoug, il devra lui aussi faire l'objet de mesures d'assainissement comme le brassage&nbsp;: les eaux pauvres en oxygène seront mélangées avec les eaux moins profondes plus riches en oxygène afin de rééquilibrer la teneur générale en oxygène. De plus, le parlement zougois a l'intention de limiter l'apport en engrais par les exploitations agricoles.<sup>3</sup> Ces démarches permettront certes de résorber la pollution à court terme, mais pas de résoudre le problème à la racine. Seule la diminution drastique de l'activité liée à l'élevage permettra de réduire l'apport en engrais à long terme. &nbsp;Tant que cela n'aura pas été entrepris, le surplus en substances nutritives telles que le phosphore restera un problème récurrent &nbsp;et une menace tant pour les animaux et les humains que pour l'environnement.</p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1&nbsp;<a href="https://www.luzernerzeitung.ch/zentralschweiz/zug/algen-tote-voegel-im-zugersee-gefunden-behoerden-warnen-schwimmer-und-hundehalterinnen-ld.2418206" rel=" noopener" target="_blank">Tote Vögel im Zugersee gefunden – Behörden warnen Schwimmer und Hundehalterinnen</a>, Luzerner Zeitung, 19 février 2023.</p> <p>2&nbsp;<a href="https://www.verantwortungsvolle-landwirtschaft.ch/de/verantwortungsvoll-in/hofduenger.html" rel=" noopener" target="_blank">Hofdünger&nbsp;– mehr als Nährstoffe</a>, Verantwortungsvolle Landwirtschaft.</p> <p>3 Walther, G.,&nbsp;<a href="https://www.20min.ch/story/so-wollen-behoerden-den-zugersee-wieder-gesund-machen-605593816693" rel=" noopener" target="_blank">So wollen Behörden Zugersee wieder gesund machen</a>, 20 Minuten, 22 décembre 2022.</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> </div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul> <li><a href="https://www.swissveg.ch/engrais?language=fr">Engrais animal</a></li> <li><a href="https://www.swissveg.ch/biodiversite?language=fr">Biodiversité</a></li> <li><a href="https://www.fr.ch/energie-agriculture-et-environnement/eau/lacs-et-cours-deau/qualite-des-lacs/proliferation-dalgues-et-de-cyanobacteries-dans-les-lacs" rel=" noopener" target="_blank">Prolifération d'algues et de cyanobactéries dans les lacs</a></li> <li><a href="https://www.arcinfo.ch/neuchatel-canton/les-eaux-sens-dessus-dessous-35269" rel=" noopener" target="_blank">Les eaux sens dessus dessous</a></li> </ul> </div> Fri, 24 Feb 2023 14:23:29 +0000 Vivian 3955 at https://www.swissveg.ch Gefährliche Blaualgenexplosion: Tierische Landwirtschaft zerstört Schweizer Seen https://www.swissveg.ch/de/blaualgen-tierische-landwirtschaft?language=fr <span>Dangereuse prolifération d&#039;algues toxiques : l&#039;élevage détruit les lacs suisses</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2661?language=fr" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Vivian</span></span> <span>28. février 2023 - 12:05</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Les lacs de Zoug et d'Aegeri sont recouverts d'un tapis d'algues toxiques rares en cette saison. Ce phénomène est dû à la pollution des lacs par l'élevage intensif pratiqué dans les exploitations agricoles voisines. Les algues bleues dont il est question sont mortelles pour les animaux et toxiques pour les humains.</p> <p>Les autorités zougoises mettent en garde la population depuis plusieurs jours&nbsp;: la prolifération des cyanobactéries, dites algues sanguines de Bourgogne ou algues bleues, rendent la baignade dangereuse dans les lacs de Zoug et d'Aegeri, qui en sont recouverts par endroits. Entrer en contact avec de l'eau contaminée par les algues bleues peut entraîner la mort en quelques minutes, en particulier chez les chiens mais aussi chez d'autres animaux. Les humains, quant à eux, peuvent développer des symptômes dangereux tels que de violentes réactions allergiques, des difficultés respiratoires ou des pertes de conscience. De nombreux cadavres d'oiseaux ont ainsi été retrouvés sur la rive du lac de Zoug.<sup>1</sup> Cette prolifération d'algues s'explique dans une large mesure par l'élevage intensif pratiqué dans les exploitations agricoles riveraines.</p> <h3>Le phosphore produit par les élevages menace la biodiversité</h3> <p>Conjuguée aux températures clémentes, la pollution des lacs par les conséquences de l'élevage intensif pratiqué dans la région est à l'origine de la prolifération d'algues. En effet, une teneur élevée en phosphore dans l'eau des lacs favorise la croissance exponentielle des algues. Or, en Suisse, 80% du phosphore provient du fumier ou du lisier.<sup>2</sup> Le lac de Zoug est le lac de Suisse qui enregistre la concentration de phosphore la plus élevée. Elle dépasse de trois fois la concentration considérée comme saine. Son bassin d'alimentation compte plus de 400 exploitations agricoles, dont certaines ne prennent pas de mesures (suffisantes) pour limiter l'apport en engrais dû à l'épandage de fumier ou de lisier.<sup>3</sup></p> <p>La prolifération d'algues constitue une menace non seulement pour les humains et les animaux terrestres, mais aussi pour tout l'écosystème aquatique. En effet, les algues en décomposition captent l'oxygène présent dans l'eau, ce qui a des conséquences fatales pour les poissons et tous les êtres vivants dans le milieu aquatique, puisque ceux-ci sont privés d'un élément essentiel pour leur survie. De plus, le tapis d'algues fait de l'ombre à la végétation qui pousse sur le fond du lac. Le manque de lumière et d'oxygène cause ainsi la disparition d'espèces de plantes. Des bancs entiers de poissons ont d'ores et déjà été retrouvés morts. La biodiversité est gravement menacée.</p> <h3>Lacs suisses placés sous respirateur artificiel</h3> <p>Dans les profondeurs du lac de Zoug, le manque d'oxygène est déjà patent. Et il n'est pas le seul&nbsp;: 60% des lacs suisses étouffent. Les petits plans d'eau comme le lac de Baldegg ou le lac de Sempach situés dans des régions dominées par l'élevage intensif sont oxygénés artificiellement depuis des années.</p> <p>Pour remédier à la mauvaise santé du lac de Zoug, il devra lui aussi faire l'objet de mesures d'assainissement comme le brassage&nbsp;: les eaux pauvres en oxygène seront mélangées avec les eaux moins profondes plus riches en oxygène afin de rééquilibrer la teneur générale en oxygène. De plus, le parlement zougois a l'intention de limiter l'apport en engrais par les exploitations agricoles.<sup>3</sup> Ces démarches permettront certes de résorber la pollution à court terme, mais pas de résoudre le problème à la racine. Seule la diminution drastique de l'activité liée à l'élevage permettra de réduire l'apport en engrais à long terme. &nbsp;Tant que cela n'aura pas été entrepris, le surplus en substances nutritives telles que le phosphore restera un problème récurrent &nbsp;et une menace tant pour les animaux et les humains que pour l'environnement.</p> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1&nbsp;<a href="https://www.luzernerzeitung.ch/zentralschweiz/zug/algen-tote-voegel-im-zugersee-gefunden-behoerden-warnen-schwimmer-und-hundehalterinnen-ld.2418206" rel=" noopener" target="_blank">Tote Vögel im Zugersee gefunden – Behörden warnen Schwimmer und Hundehalterinnen</a>, Luzerner Zeitung, 19 février 2023.</p> <p>2&nbsp;<a href="https://www.verantwortungsvolle-landwirtschaft.ch/de/verantwortungsvoll-in/hofduenger.html" rel=" noopener" target="_blank">Hofdünger&nbsp;– mehr als Nährstoffe</a>, Verantwortungsvolle Landwirtschaft.</p> <p>3 Walther, G.,&nbsp;<a href="https://www.20min.ch/story/so-wollen-behoerden-den-zugersee-wieder-gesund-machen-605593816693" rel=" noopener" target="_blank">So wollen Behörden Zugersee wieder gesund machen</a>, 20 Minuten, 22 décembre 2022.</p> <p>&nbsp;</p> <p>&nbsp;</p> </div></div> <div class="title-weitere-infos"> Weitere Infos </div><div class="item"> <ul> <li><a href="https://www.swissveg.ch/engrais?language=fr">Engrais animal</a></li> <li><a href="https://www.swissveg.ch/biodiversite?language=fr">Biodiversité</a></li> <li><a href="https://www.fr.ch/energie-agriculture-et-environnement/eau/lacs-et-cours-deau/qualite-des-lacs/proliferation-dalgues-et-de-cyanobacteries-dans-les-lacs" rel=" noopener" target="_blank">Prolifération d'algues et de cyanobactéries dans les lacs</a></li> <li><a href="https://www.arcinfo.ch/neuchatel-canton/les-eaux-sens-dessus-dessous-35269" rel=" noopener" target="_blank">Les eaux sens dessus dessous</a></li> </ul> </div> Fri, 24 Feb 2023 14:23:29 +0000 Vivian 3955 at https://www.swissveg.ch Überproduktion von Schweinefleisch – auf Kosten von Tierwohl und Steuerzahlenden https://www.swissveg.ch/de/schweinefleisch-ueberproduktion?language=fr <span>Surproduction de viande de porc – au détriment du bien-être animal et du contribuable</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2634?language=fr" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Amandine</span></span> <span>8. février 2023 - 11:02</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Depuis 2020, les porcheries suisses sont encore plus surchargées, car le nombre de porcs élevés dépasse largement la demande des consommateur-ice-s suisses. Mais au lieu de réduire la production, les porcs sont expédiés à l'étranger et leur viande est stockée en urgence – aux frais de la Confédération.</p> <p>Depuis des années, on mange de moins en moins de viande de porc en Suisse. Au début de la pandémie de coronavirus, lorsque la demande de viande de porc suisse a légèrement augmenté en raison de l'interruption du tourisme d'achat en zone frontalière, les éleveurs de porcs suisses ont décuplé leur production. Ce qui a conduit à une surproduction : en effet, bien que la demande de viande de porc ait vite décru, l'offre n'a pas été adaptée en conséquence, et les porcs sont devenus de plus en plus nombreux.</p> <h3>Infractions à la loi sur la protection des animaux</h3> <p>Il y a actuellement beaucoup trop de porcs en Suisse – selon Proviande, il y en a environ 50 000 de plus que la quantité achetée<sup>1</sup> – et les conséquences pour les animaux sont graves. En raison de l'offre excédentaire, les porcs doivent rester plus longtemps dans les fermes avant d'être abattus. Par conséquent, ils deviennent plus grands et plus lourds que prévu, ce qui accentue encore le manque d'espace dans les étables. Dans des conditions normales, dix porcs peuvent être élevés sur une surface « de la taille d'une place de stationnement pour voiture ». À partir d'un poids de 110 kg, les animaux ont droit à presque deux fois plus d'espace, conformément à la loi sur la protection des animaux. Mais cet espace n'existe pas. Conséquences pour les porcs : une liberté de mouvement quasi nulle, un stress accru et une hygiène toujours plus mauvaise.</p> <p>Même les services vétérinaires ont tiré la sonnette d'alarme en raison du risque de non-respect de la loi sur la protection des animaux. Selon l'Office vétérinaire de Lucerne, des demandes de dérogation aux prescriptions ont été formulées à plusieurs reprises. Dans les faits, seules quelques procédures ont été réalisées dans toute la Suisse<sup>2</sup>. Cesare Sciarra, de la Protection suisse des animaux, est pourtant catégorique : il y a trop de porcs dans les exploitations pour que les prescriptions puissent être respectées. C'est ce que confirment, selon <em>saldo</em>, des photos de l'organisation de protection des animaux Tier im Fokus, qui montrent des porcs que le président Tobias Sennhauser décrit comme « entassés dans un espace exigu »<sup>3</sup>.</p> <p><img alt="des porcs dans la porcherie" data-entity-type="file" data-entity-uuid="12aad70a-9310-422b-986a-50f3011d0b2c" height="317" src="/sites/swissveg.ch/files/bilder/Bild%20Blog_0.jpg" width="571" /></p> <h3>Des mesures d'urgence coûteuses – financées par la Confédération</h3> <p>Pour faire face à la « crise sur le marché des porcs », différentes mesures ont été introduites, selon Proviande et Suisseporcs, « dans le cadre d’une solution sans précédent élaborée par l'ensemble de la filière »<sup>4</sup>. Ainsi, en décembre, près de 15 000 animaux ont été abattus en urgence et congelés. Cette action a été financée par la Confédération à hauteur de 1,9 million de francs. Le stockage de la viande de porc excédentaire due à la surproduction coûtera encore au moins 3 millions de francs de plus aux contribuables. En effet, ce montant revient à Proviande en vertu de l'ordonnance sur le bétail de boucherie<sup>3</sup>. </p> <p>Afin de désamorcer la situation dans les exploitations d'engraissement, 15 000 animaux supplémentaires ont déjà été exportés vers d'autres pays européens, notamment vers l'Allemagne, et ce à des prix très bas. Pour les semaines à venir, Proviande s'attend en outre à une exportation hebdomadaire d'environ 5000 animaux. En été 2022, <em>20 Minuten</em> rapportait déjà que 500 porcelets devaient être exportés vers l'Allemagne. Comme cela n'a pas été possible en raison des dispositions relatives à la chaleur, ils ont tout simplement été abattus et transformés en aliments pour animaux domestiques<sup>5</sup>. </p> <p>Globalement, les exploitations porcines devraient avoir largement assez de raisons de réduire le nombre d'animaux détenus. Mais selon <em>saldo</em>, des primes supplémentaires allant jusqu'à 20 000 francs par an et par exploitation ont été versées aux producteur-ice-s l'année dernière en raison de la baisse des prix à la production. Bien qu'elles aient elles-même causé cette surproduction, les exploitations n'ont donc guère besoin d'assumer la responsabilité de la situation et n'ont que peu de raisons de changer leur mode de production. </p> <h3>Maltraitance animale sans aucune responsabilité – comment est-ce possible ?</h3> <p>Les conditions dans les élevages porcins suisses sont effrayantes. Comment se fait-il que, malgré le manque croissant d'espace et les avertissements répétés, le nombre de porcs détenus ne soit pas réduit ? Comment les prescriptions en matière d'espace dans les exploitations, qui sont de toute façon insuffisantes, peuvent-elles être purement et simplement ignorées au détriment du bien-être des animaux, et comment cela peut-il échapper aux services vétérinaires ? Et comment est-il possible que les conséquences financières de cette erreur monumentale soient en grande partie supportées par la Confédération – et donc par les contribuables – au lieu d'être assumées par les responsables eux-mêmes ? Ces événements montrent une fois de plus que la loi suisse sur la protection des animaux, et en particulier son application, sont absolument insuffisantes – et que le subventionnement de notre consommation de viande par les contribuables doit cesser une fois pour toutes, afin que les coûts réels de la production de viande soient supportés par les consommateur-ice-s et les producteur-ice-s, et non par les animaux et la collectivité.</p> <h3>Solutions possibles : les Pays-Bas montrent l'exemple</h3> <p>Dans les pays européens voisins, l'offre excédentaire de viande de porc est aussi un sujet de préoccupation. L'élevage de porcs étant devenu de moins en moins rentable, l'Allemagne envisage par exemple une prime de sortie pour les éleveurs et éleveuses de porcs prêt-e-s à abandonner leur exploitation. Une autre solution consiste à instaurer une prime à la conversion afin de subventionner l'amélioration des conditions d'élevage<sup>6</sup>. Les Pays-Bas font figure d'exemple en montrant comment l'argent des contribuables peut être utilisé pour soutenir l'abandon de l'élevage plutôt que sa poursuite. Pour l'année 2022, le gouvernement néerlandais a débloqué 228 millions d'euros afin d'inciter les éleveurs et éleveuses de porcs dont l'exploitation se situe à proximité de certaines réserves naturelles à abandonner l'élevage. Cette mesure a été déclenchée dans le but premier de réduire les émissions d'azote. L'objectif à long terme est de réduire d'un tiers le cheptel du pays. À cet effet, le gouvernement néerlandais a élaboré un plan de 25 milliards d'euros visant à soutenir financièrement, entre autres, les éleveurs et éleveuses qui souhaitent quitter le secteur ou se convertir à l'agriculture extensive<sup>7</sup>. </p> <p> </p> <p><strong>Plus d'informations</strong></p> <ul><li><a href="https://www.swissveg.ch/consommation_de_viande?language=fr">Consommation de viande en Suisse et à l'étranger</a></li> <li><a href="https://www.swissveg.ch/cochons?language=fr">Les cochons : des animaux intelligents et curieux</a></li> <li>Conséquences d'une consommation excessive de viande sur notre <a href="https://www.swissveg.ch/environnement?language=fr">environnement</a> et notre <a href="https://www.swissveg.ch/vegane_et_sain?language=fr">santé</a></li> </ul></div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <p>1 Proviande, <a href="https://www.proviande.ch/fr/prix-hebdomadaires-et-donnees-du-marche-des-betail-de-boucherie" rel=" noopener" target="_blank">Prix hebdomadaires et données du marché des bétail de boucherie</a>&nbsp;</p> <p>2 Christen, M., NZZ Magazin. <a href="https://magazin.nzz.ch/nzz-am-sonntag/schweiz/schweizer-schweine-leiden-unter-dichtestress-ld.1721336?reduced=true" rel=" noopener" target="_blank">Schweizer Schweine leider unter Platznot</a>&nbsp;(en allemand). 14 janvier 2023.&nbsp;</p> <p>3 Mennig, D. &amp; Cetojevic D. Saldo. <a href="https://www.saldo.ch/artikel/artikeldetail/industrie-verramscht-schweinefleisch-ins-ausland-auf-kosten-der-steuerzahler" rel=" noopener" target="_blank">Industrie verramscht Schweinefleisch ins Ausland&nbsp;– auf Kosten der Steuerzahler</a>&nbsp;(en allemand). 21 janvier 2023.&nbsp;</p> <p>4 Proviande, <a href="https://www.proviande.ch/fr/situation-actuelle-du-marche-des-porcs" rel=" noopener" target="_blank">Situation actuelle du marché des porcs</a>. 31 janvier 2023.&nbsp;</p> <p>5 Rosner, Y. 20 Minuten. <a href="Zu viele Schweine in der Schweiz – jetzt werden sie zu Tierfutter verarbeitet" rel=" noopener" target="_blank">Zu viele Schweine in der Schweiz – jetzt werden sie zu Tierfutter verarbeitet</a>&nbsp;(en allemand). 18&nbsp; septembre 2022.&nbsp;</p> <p>6 Agrimand, <a href="https://www.agrimand.com/magazin/ausstiegspraemie-fuer-schweinebauern-sinnvoll-oder-nicht/" rel=" noopener" target="_blank">Ausstiegsprämie für Schweinebauern: Sinnvoll oder nicht?</a>&nbsp;(en allemand). 28 octobre 2022.&nbsp;</p> <p>7 Deter, A. Top Agrar Online. <a href="https://www.topagrar.com/management-und-politik/news/agrarwende-niederlande-wollen-tierbestaende-um-ein-drittel-abbauen-12799383.html" rel=" noopener" target="_blank">Agrarwende: Niederlande wollen Tierbestände um ein Drittel abbauen</a>&nbsp;(en allemand). 11 janvier 2022.</p> </div></div> Wed, 08 Feb 2023 07:41:13 +0000 Vivian 3946 at https://www.swissveg.ch Lebensmittel mit Insektenmehl dürfen nicht als vegan deklariert werden https://www.swissveg.ch/de/lebensmittel-insektenmehl-vegan?language=fr <span>Les aliments contenant de la farine d&#039;insectes ne pourront pas être déclarés véganes</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2661?language=fr" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Vivian</span></span> <span>27. janvier 2023 - 14:22</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Des grillons domestiques dans le chocolat et les biscottes&nbsp;? L'introduction de la poudre de grillons comme un nouvel aliment en Suisse et dans l'UE a semé la confusion chez bien des consommateur-ice-s. Toutefois, en Suisse, cet ingrédient devra toujours être déclaré et ne sera en aucun cas considéré comme végétarien ou végane.</p> <p>Depuis cette semaine, un nouveau règlement européen également valable pour la Suisse autorise l'ajout de poudre de grillons dans les aliments. Comme l'ont rapporté divers médias, la poudre de grillons domestiques pourra être ajoutée à différents aliments, comme par exemple des produits de boulangerie, des sauces, des pâtes, des snacks et même des alternatives à la viande jusqu'à présent véganes. Cette nouvelle a suscité une vague d'incertitude chez les consommateur-ice-s, notamment quant à la déclaration exacte de ce type d'aliments.</p> <h3>Les grillons domestiques sont soumis à déclaration&nbsp;– et ne sont pas véganes</h3> <p>Swissveg s'est donc renseignée auprès de <a href="https://www.blv.admin.ch/blv/fr/home.html" rel=" noopener" target="_blank">l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV)</a>. Il nous a été confirmé que la sécurité alimentaire et l'interdiction d'induire en erreur devront toujours être respectées. Cela signifie que, sur la liste des ingrédients des aliments préemballés, la poudre de grillons devra toujours être indiquée comme «&nbsp;poudre partiellement dégraissée d'<em>Acheta domesticus</em> (grillon domestique)&nbsp;». Pour ce qui est des denrées alimentaires vendues en vrac, les consommateur-ice-s devront également être informés en conséquence.</p> <p>Les produits contenant de la poudre de grillons ne pourront pas être qualifiés de végétariens ou de véganes car, grâce à Swissveg, ces termes ont été clairement définis dans la loi suisse sur les denrées alimentaires. Les substituts de viande contenant des farines d'insectes ne seront donc jamais étiquetés comme végétariens ou véganes. Pour jouer la carte de la sécurité, il s'agira de faire attention au <a href="https://www.swissveg.ch/v-label?language=fr">V-Label</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <p><strong>Plus d'informations</strong></p> <ul> <li><a href="https://www.swissveg.ch/v-label?language=fr">Tout ce qu'il faut savoir sur le V-Label</a></li> <li><a href="https://www.swissveg.ch/insectes?language=fr">Les insectes – des aliments ?</a></li> </ul> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ul> <li><a href="https://www.swissveg.ch/v-label?language=fr">Tout ce qu'il faut savoir sur le V-Label</a></li> <li><a href="https://www.swissveg.ch/insectes?language=fr">Les insectes </a>–<a href="https://www.swissveg.ch/insectes?language=fr">&nbsp;des aliments?</a></li> </ul> </div></div> Fri, 27 Jan 2023 13:06:12 +0000 Vivian 3942 at https://www.swissveg.ch Lebensmittel mit Insektenmehl dürfen nicht als vegan deklariert werden https://www.swissveg.ch/de/lebensmittel-insektenmehl-vegan?language=fr <span>Les aliments contenant de la farine d&#039;insectes ne pourront pas être déclarés véganes</span> <span><span lang="" about="/fr/user/2661?language=fr" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Vivian</span></span> <span>27. janvier 2023 - 14:22</span> <div class="field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p class="einleitung">Des grillons domestiques dans le chocolat et les biscottes&nbsp;? L'introduction de la poudre de grillons comme un nouvel aliment en Suisse et dans l'UE a semé la confusion chez bien des consommateur-ice-s. Toutefois, en Suisse, cet ingrédient devra toujours être déclaré et ne sera en aucun cas considéré comme végétarien ou végane.</p> <p>Depuis cette semaine, un nouveau règlement européen également valable pour la Suisse autorise l'ajout de poudre de grillons dans les aliments. Comme l'ont rapporté divers médias, la poudre de grillons domestiques pourra être ajoutée à différents aliments, comme par exemple des produits de boulangerie, des sauces, des pâtes, des snacks et même des alternatives à la viande jusqu'à présent véganes. Cette nouvelle a suscité une vague d'incertitude chez les consommateur-ice-s, notamment quant à la déclaration exacte de ce type d'aliments.</p> <h3>Les grillons domestiques sont soumis à déclaration&nbsp;– et ne sont pas véganes</h3> <p>Swissveg s'est donc renseignée auprès de <a href="https://www.blv.admin.ch/blv/fr/home.html" rel=" noopener" target="_blank">l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV)</a>. Il nous a été confirmé que la sécurité alimentaire et l'interdiction d'induire en erreur devront toujours être respectées. Cela signifie que, sur la liste des ingrédients des aliments préemballés, la poudre de grillons devra toujours être indiquée comme «&nbsp;poudre partiellement dégraissée d'<em>Acheta domesticus</em> (grillon domestique)&nbsp;». Pour ce qui est des denrées alimentaires vendues en vrac, les consommateur-ice-s devront également être informés en conséquence.</p> <p>Les produits contenant de la poudre de grillons ne pourront pas être qualifiés de végétariens ou de véganes car, grâce à Swissveg, ces termes ont été clairement définis dans la loi suisse sur les denrées alimentaires. Les substituts de viande contenant des farines d'insectes ne seront donc jamais étiquetés comme végétariens ou véganes. Pour jouer la carte de la sécurité, il s'agira de faire attention au <a href="https://www.swissveg.ch/v-label?language=fr">V-Label</a>.</p> <p>&nbsp;</p> <p><strong>Plus d'informations</strong></p> <ul> <li><a href="https://www.swissveg.ch/v-label?language=fr">Tout ce qu'il faut savoir sur le V-Label</a></li> <li><a href="https://www.swissveg.ch/insectes?language=fr">Les insectes – des aliments ?</a></li> </ul> </div> <div class="fussnoten"> <div class="item"> <ul> <li><a href="https://www.swissveg.ch/v-label?language=fr">Tout ce qu'il faut savoir sur le V-Label</a></li> <li><a href="https://www.swissveg.ch/insectes?language=fr">Les insectes </a>–<a href="https://www.swissveg.ch/insectes?language=fr">&nbsp;des aliments?</a></li> </ul> </div></div> Fri, 27 Jan 2023 13:06:12 +0000 Vivian 3942 at https://www.swissveg.ch