« Antibiotiques dans la viande contre la loi fédérale sur la protection des animaux »

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En Suisse, 57 tonnes d'antibiotiques ont été donnés aux animaux en Suisse en 2001 – également à des animaux sains. Ceci malgré le fait que la loi fédérale sur la protection des animaux interdit l'application d'antibiotiques à des animaux sains.

C'est au jeune âge de quelques semaines déjà que les petits veaux reçoivent une cure d'antibiotiques. Cela correspond au standard de l'élevage. Surtout dans les grands élevages de veaux, il n'y a plus d'autre opportunité, selon l'information de Beat Mühlethaler, gérant de l'organisation d'élevage de veaux Univo. Le mode d'élevage de plus de 100 animaux sur un espace étroit augmente le risque de contamination des veaux avec différents microbes. Il est impossible de détecter en détail les différents animaux malades; à ce terme, c'est pourquoi l'on traite de manière prohylactique le troupeau entier. A ce faire, l'on mélange pendant 10 jours des antibiotiques dans la poudre de lait qui représente la nourriture des veaux. Au bout de 14 jours, cette cure est répétée encore deux à trois fois.

Les paysans font du stockage

L'usage d'antibiotiques est à l'ordre du jour des fermes habituelles. Chez les vaches laitières, des maladies inflammatoires telles que les inflammations du pis ou de légères blessures sont si fréquentes que les paysans n'appellent plus le vétérinaire à chaque fois, vu qu'il est plus profitable qu'il stocke chez lui les antibiotiques afin de pouvoir l'appliquer lui-même.

Interdiction d'appliquer des antibiotiques

Vu de plus près, cette pratique est une infraction de la loi fédérale sur la protection des animaux. C'est aussi l'avis de la vétérinaire cantonale zuriquoise Regula Vogel :

« Si une forme d'élevage ne fonctionne qu'à condition d'appliquer au préalable des antibiotiques, elle est contradictoire à la loi sur la protection des animaux. »

Il est cependant difficile voire impossible de procéder contre l'application d'antibiotiques sur le plan agricole. La raison est simple : les vétérinaire aussi bien que les paysans profitent économiquement du traitement aux antibiotiques. Lors à la révision de la loi sur les médicaments, l'office fédéral de la santé publique (OFSP) avait proposé de limiter l'usage vétérinaire d'antibiotiques. Toutefois, la consultation a montré que cette proposition est fortement controversée. C'étaient surtout les partisans des paysans qui s'opposaient unis contre cette proposition, avait communiqué Urs Schneeberger de l'OFSP face au Schweizer Fernsehen.

A chacun son profit

La raison qui anime un usage généreux d'antibiotique est évidente : la viande doit être bon marché. La viande bio ne représentait que 3,7% de tous les achats de viande et de poisson en 2010. C'est alors la clientèle intéressée à la viande bon marché qui représente la principale possibilité des ventes. Ainsi, il n'est pas rentable pour les producteurs de viande d'investir beaucoup d'espace, de temps et de travail dans les animaux. Le prix, c'est en premier lieu les animaux qui le paient en subissant leur courte vie dans les conditions données. Or il est dès lors visible que ces méthodes se vengeront de l'homme. L'alimentation avec des produits d'origine animale qui contiennent des bactéries résistantes aux antibiotiques est responsable du fait que les microbes se répandent davantage chez l'homme également. Suite à ce développement, il y a en Suisse plusieurs milliers de patients dont les infections ne peuvent plus être traitées à cause de microbes résistants.

Bernadette Raschle

Notes de bas de page: